‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 194 sur 347 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

tife souverain ne pouvait rester étranger à la politique , et effrayé des obstacles qu’il rencontrait partout, Adrien VI s’abandonna tout entier à son ancien élève. François I" cherchait à soulever le royaume de Naples, et rassemblait une nouvelle armée pour reconquérir le Milanais. Le pape entraîna toute l’Italie contre les Français. Le 3t août 1, '>23 à Rome, Adrien VI, le duc de Milan, la république de Venise qui résista longtemps, le cardinal Jules de Médicis maître de Florence, les maîtres de Gènes, de Lucques, de Sienne s’engagèrent à défendre l’Italie, c’est-à-dire à la conserver à l’empereur Charles-Quint. Ce ne fut pas cependant sans que le sentiment national protestât. Avant que l’armée française atteignit les Alpes, une tentative d’assassinat eut lieu à Milan sur François Sforza. Les guelfes essayèrent un mouvement à Florence. Quand Bonnivet, retardé quelque temps parla découverte de la trahison du connétable de Bourbon, descendit les Alpes et s’avança sur le Tessin, le général vénitien, François-Marie d’Urbin se refusa à passer l’Adda, et le général du pape, Frédéric de Mantoue, à passer le Pô, et à soutenir Prosper Colonna, chef des troupes allemandes et espagnoles , comme s’ils ne considéraient pas comme italien le territoire occupé par l’empereur-roi. La mort d’Adrien VI, arrivée le jour même où Bonnivet passa le Tessin, fut saluée à Rome avec une joie indécente, que la personne du pape ne méritait pas.

Clément VII, bataille de Pavlc (I S*3-«5*S .

Le conclave lui-même parut prendre courage et revenir sur la politique impériale, en donnant pour successeur à Adrien VI, Jules de Médicis, qui prit le nom de Clément VII. Celui-ci s’était toujours montré l’ami de l’empereur-roi ; il avait jeté Léon X dans son alliance, et poussé au saint-siège Adrien VI. II entretenait son parent, Jean de Médicis, chef des bandes noires, auprès de Prosper Colonna. Mais Médicis était Italien, maître de la république de Florence, doublement intéressé à l'indépendance de la péninsule. On pouvait espérer qu’il verrait l’abîme où l'alliance impériale

menaçait de jeter le saint-siège et l’Italie. v

Dans les premiers jours de son pontificat, Clément Vil resta fidèle à la politique qu’il avait conseillée comme cardinal. Satisfait d’assurer le gouvernement de Florence à ses jeunes parents, Hippolyte et Alexandre, sous la régence du cardinal Passerini, il continua à soutenir Charles-Quint de ses troupes et de son argent.

Mais les nouveaux revers des Français commencèrent à lui ouvrir les yeux. Bonnivetau lieu de profiter d’une maladie de Prosper Colonna et du désarroi de la ligue ennemie, pour attaquer Milan, s’était contenté de sé fortifier à Lodi, à Monza et à Crémone. Le vice-roi de Naples, Lannoy, eut le temps de prendre, avec de nouveaux renforts, la place de Colonna mourant; le connétable de Bourbon, passé sous les drapeaux de l’empereur, celui d’amener d’Allemagne six cents landskneehts. Tous deux entraînant alors les Italiens, marchèrent avec des forces supérieures sur les Français, battirent Bonnivet à Biagrasso, Bayard à Rebecco, et les rejetèrent sur la Sesia. Blessé lui-même, Bonnivet laissa le commandement à Bayard, qui protégea la retraite jusqu’à ce qu’il tombât mortellement atteint; et les villes d’Alexandrie, de Lodi, les seules qui restassent encore au roi de France, ouvrirent leurs portes aux alliés (1524).

Cette victoire était trop complète : l’équilibre européen était rompu, l’Italie livrée à discrétion au vainqueur. L’empereur-roi, sur le conseil de Bourbon, poursuivait déjà sa victoire jusqu’au bout et passait les Alpes pour attaquer François Ier chez lui et conquérir la Provence. Clément VII commença à revirer. Pour la première fois il parla de paix à Charles-Quint, comme il convenait, disait-iî , au pcre commun des fidèles. Il chercha même à détacher de lui le roi d’Angleterre et les Suisses. Un grand nombre d’Italiens passèrent en Provence, à Marseille, pour défendre François I".

La prompte apparition sur les Alpes de François I", vainqueur sur son territoire, rejeta le pape et les États italiens, sinon dans le parti de l’empereur, au moins dans l’indécision. En voyant le roi de France descendre les Alpes, entrer dans Milan derrière l’armée de Charles-Quint désorganisée, et mettre le siège devant Pavie , le pape et les Vénitiens incer-

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