‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 20 sur 347 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

bare qui n’adorait que sou épée. On promit seulement aux habitants la vie sauve. Rome fut encore (455) livrée au sac et au pillage, cette fois, pendant quatorze jours et quatorze nuits. Les églises n’obtinrent pas plus de respect que les temples païens. La voûte de bronze doré du Capitole fut enlevée. Les dépouilles de Jérusalem , apportées à Rome par Titus, passèrent à Carthage ; l’impératrice et ses filles, un grand nombre de nobles familles suivirent les vainqueurs en Afrique.

l.e Miièrc Iticlmer; Ici empereur* AvIIu*. Mnjorieu, Sévère, AnIliémiiiM et OlybrlaM (454-Iïil}.

Après cette seconde humiliation , Rome et l’Italie, loin de conserver la haute main sur les barbares campés dans les provinces, furent leur jouet jusqu’au moment où elles en devinrent la proie. Le roi des Yisigoths établis dans le midi de la Gaule, Théodorie 11 , fit élire et couronner insolemment empereur, par une assemblée des députés de la province siégeant à Arles, Avitus, rhéteur et maître de la milice en Gaule, mais tout à lait simple {totius smplicitatis), pour le rôle qu’on lui imposait. Les Romains, mécontents d’avoir pour empereur un Gaulois, envoyé par un étranger, n’osaient cependant s’en défaire.

Le chef des troupes mercenaires en Italie , le Suève Ricimer, descendant par sa mère du roi visigoth Wallia , se chargea de les en débarrasser. C’était un homme de guerre, énergique et grossier, qui, sans avoir l’audace ou l’habileté d’être le maître, voulait au moins disposer de l’empire comme Aétius. Il chassa de Rome Avitus, qui n’avait eu que le temps d’y faire prononcer son panégyrique par Sidoine Apollinaire, et qui n’obtint pas même la grâce de rester évêque de Plaisance; et après avoir laissé l’empire vacant pendant dix mois, il fit élire enfin par le sénat et le peuple, Majorien , officier romain distingué , dans lequel il espérait trouver une créature docile.

Celui-ci apparut comme pour jeter encore un dernier éclat sur l’empire , dont il chercha vainement à arrêter la chute. N’ayant guère plus que l’Italie à défendre, il le fit

avec vigueur. Il délivra la Campanie des incursions de Genséric. 11 délit les Allemands dans les Alpes, et contint les Burgondes et les Yisigoths , auxquels il donna le Rhône pour limite dans la Gaule. .

La remise de tous les arrérages dus au fisc soulagea un instant les provinces de l’Italie. Le rétablissement de la charge de défenseur, quelques adoucissements apportés à la triste condition des curiales , ramenèrent dans les villes un peu de vie municipale; l’interdiction de porter une main profane sur les anciens monuments, que les Romains modernes dégradaient pour en tirer les matériaux de leurs nouvelles demeures, arrêta un instant la ruine de tous les chefs-d’œuvre. Quelques lois tentèrent de remédier à la décadence plus irréparable des moeurs. Général habile avant tout, Majorien s’apprêtait à conduire une expédition en Afrique, pour rendre à l’Italie les grains de cette fertile contrée. Il avait déjà dirigé les barbares mercenaires d’Italie, avec un grand nombre de nouvelles recrues de Gépides et d’Ostrogoths vers la ville cil Carthagène en Espagne , où il concentrait une flotte considérable. Au moment où il allait partir, les vaisseaux furent surpris , brûlés ou coulés à fond dans le port par Genséric.

Ce revers le perdit et l’empire avec lui. Ricimer, qui avait vu avec jalousie la gloire de l’empereur qu’il avait fait, profita (461 ) de son insuccès pour faire révolter les troupes contre lui, le mit à mort et donna la pourpre à un homme obscur et incapable, Libius Sévérus, afin de rester tout-puissant. Le barbare fut alors en effet le maître , mais seulement en Italie; Egidius, maître de la milice en Gaule , et Marcellin en Dalmatie, achevèrent le démembrement de l’empire, occupé déjà par les barbares , en se déclarant indépendants. Ricimer se devait au moins de défendre le royaume d'Italie , comme l’on commençait à appeler déjà le centre de l’empire déchu. Il fut au-dessous de sa tâche. Les Vandales continuèrent à piller les côtes de la péninsule , attaquèrent la Sicile et s’emparèrent de la Sardaigne. C’était au moins une sécurité de sentir au-dessus de soi le vainqueur de Rudagaise ou celui d’Attila. Mais la tyrannie du lâche meurtrier

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