CHAPITRE II
de Majorien était sans compensation. De Stilicon à Aétius , d’x\étius à Ricimer on mesure rigoureusement la déchéance de l’empire.
Pour obtenir des secours de l’empereur d’Orient, Léon le Thrace, contre les Vandales, Ricimer fit mettre à mort Li bius Sévérus (468) et reçut de la main de Léon , comme empereur, le noble sénateur Anthémius, époux, d’une petiteiille de Marcien . dont Sidoine Apollinaire, le panégyriste obligé de toutes ces ombres, fit encore l’éloge ou plutôt l’oraison funèbre.
Genséric ayant en effet repoussé l’armée et la flotte envoyées contre lui , Ricimer, bien qu’cpoux de la fille d’Anthémius, abandonna son beau-père pour reconnaître un gendre de Valentinien, Olybrius, qu’il reçut à Ostie, des mains de Genséric. Anthémius, qui ne voulait point céder la place au nouveau venu , fut assiégé dans Rome. La prise de la ville ne fut pas funeste seulement à Anthémius, mis à mort par son gendre, mais aux Romains, qui furent victimes d’un nouveau pillage, d’autant plus terrible que les esclaves et la populace déchaînés mêlèrent leurs vengeances et leur avidité à celles des soldats vainqueurs.
B.C* dernier* empereur.* | le* hurliarcü «reste et Odoacre ; abdication du sénat romain
A la mort de Ricimer et d’Olybrius, arrivée quelques mois après cette catastrophe , il ne s’agissait point de savoir quel empereur mais quel chef de bandes allait être le maître. Un certain Gondebaud, de la famille des rois burgondes établis dans une partie de la Gaule, avait reçu d’Olybrius le titre de patrice avec le commandement des mercenaires; il revêtit de la pourpre un obscur officier de son armée du nom de Glycérius. Appelé à la tète du royaume des Burgondes peu de temps après, le barbare ne défendit pas son œuvre. L’empereur d’Orient Léon envoya pour nouveau maître à l’Italie, Julius Népos, qui relégua Glycérius, avec le titre d’évêque, dans la ville de Salone, et n’eut que le temps de céder lâchement l’Auvergne aux Goths, par l’entremise d’Épiphane, évêque de Pavie, qui paraissait occupé seulement
de préparer à l’empire la plus douce mort. Le choix , qu’il fit pour maître de la milice, d’un ancien secrétaire d’Attila, Orestc, parvenu depuis à la tète des armées de l’empire, amena sa chute et la ruine de l’Italie. Oreste, mettant de côté les scrupules qui avaient arrêté ses prédécesseurs , marcha, à la tête de ses mercenaires, contre Ravenne, força son maître à s’enfuir en Dalmatie , et fit proclamer empereur son propre fils Romulus Augustule.
Mais le barbare ne comprit pas toute la portée de la révolution qu’il avait faite. Les mercenaires ruges, turcilinges, hérules, qui étaient sous ses ordres , las aussi d’être seulement les défenseurs soldés de l’Italie, voulaient, à l’exemple de leur chef , en devenir les vrais possesseurs. Comme les Yisigoths, les Burgondes, qui avaient pris des établissements dans la Gaule, ils demandèrent le tiers des terres de la péninsule; Oreste le leur refusa; ils trouvèrent aisément un chef plus logique et plus hardi.
Un Rugien , Odoacre , enrôlé dans la milice et commandant d’un corps d’Hérules , promit aux mécontents de les satisfaire s’ils voulaient le suivre. À leur tête il assiégea Oreste dans la ville de Pavie , à laquelle Épiphane épargna le pillage; il le fit prisonnier et le tua, puis relégua dans une maison de campagne, à Lucullanum, Romulus Augustule, ce dernier César qui , par une sorte de dérision du hasard , réunissait les noms du fondateur de Rome et du fondateur de l’empire. A Rome, le sénat lui-même, sur l’ordre de l’audacieux barbare, proclama la fin de l’ancien ordre de choses. Dans une lettre, adressée à l’empereur d’Orient, les sénateurs déclarèrent qu’un seul souverain suffisant pour remplir désormais de sa majesté l’Occident et l’Orient, il était inutile de prolonger la succession impériale en Italie, et ils supplièrent Zénon , au nom de la république , d’accorder à Odoacre le titre de patrice et le gouvernement du diocèse d’Italie.
Il ne manquait à l’abaissement du sénat que d’ensevelir lui-même la vieille gloire de Rome et de rédiger l’abdication de l’Italie , tombée du rang de maîtresse du monde à celui d’un simple diocèse. C’était proclamer au reste un fait depuis longtemps accompli. Depuis la mort de Théodose une