‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 209 sur 347 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

politique suivie par le pape décédé, porta au saint-siège Pie IV, pape doux, mondain et attaché aux étrangers par son frère le duc de Marignan, dévoué ù Cosme Ier et à Philippe II.

Aanervliiiemcnl don prince» Italien»: Pie IV, Pie V; restauration catholique dan» le» lettre» et dans les art» (li&n.

Une nouvelle phase commença à partir de cette époque pour l’Italie; elle ne résista plus à la servitude; elle s’y résigna, elle s’y précipita. Son brillant génie même qui s’était égaré dans les sentiers glissants de la renaissance, expia son scepticisme païen dans les rigueurs de la pénitence et quelquefois les petitesses de la superstition.

Le nouveau pape donna l’exemple de la résignation ; tout occupé d’embellir Rome où il construisit la Porta-Pia, et fit percer la rue de Montecavallo, et de protéger les côtes contre les pirates barbaresques , par les fortifications du Borgo, d’Ancône et de Civita-Vecchia, il n’eut d’autre but que la paix dans ses relations avec les puissances étrangères. Sollicité par l’ambassadeur de Savoie, d’aider son maître à recouvrer Genève devenue protestante : « Où en sommesnous, lui dit-il, pour qu’on vienne me faire de pareilles propositions ? C’est la paix qu’il me faut avant tout. » Il était convaincu que le saint-siège ne pouvait se maintenir longtemps sans l’appui des princes , et chérissait surtout ceux qui régnaient sur l’Italie. Il pensa un instant à conférer à Cosme le titre de roi, il aurait voulu le faire au moins archiduc. II ne refusa rien à Philippe II, son vassal, pour le royaume de Naples ; il laissa opposer la formalité de Xexequatvr à ses propres décrets, et combattit encore moins les mesures que prit le roi dans le Milanais pour restreindre les privilèges laissés par Charles-Quint au sénat, et les dernières libertés communales.

Le saint-siège regagna , il est vrai , au spirituel ce qu’il perdit au temporel. Dans les dernières sessions du concile de Trente, qu’il eut la gloire de rouvrir en 1563, le pape Pie IV, par les concessions politiques faites au prince, coniura les réformes religieuses qu’on paraissait disposé à lui

arracher. En cessant d’invoquer ses droits sur les couronnes, il obtint qu’on ne parlât plus de réformer l’Église dans son chef. Le concile, au lieu de s’élever au-dessus de lui, s’abaissa devant son autorité. Non-seulement on maintint la tradition, le dogme dans toute sa rigueur ; mais on releva, on étendit le pouvoir du saint-siège sur toute la catholicité. Le pape resta seul juge des changements à opérer dans la discipline, infaillible dans les choses de la foi, interprète suprême des canons, chef incontesté des évêques; et Rome put se consoler de la perte définitive d’une partie de l’Europe, en voyant sa puissance doublée dans les nations catholiques du midi , qui se resserrèrent religieusement autour d’elle.

Les souverains laïques de l’Italie n’eurent point cette compensation. Cosme Pr de Médicis put en toute liberté contenir par la terreur ses sujets de Florence et de Sienne encore frémissante, fortifier Grossetto,. Livourne, fonder l’ordre de la chevalerie de Saint-Étienne contre les pirates, construire quelques galères, creuser des canaux, endiguer des rivières et tenter de repeupler et d’assainir les Maremmes ; mais en s’emparant de la petite ville de Foliglianosur Niccolo Orsini, il encourut le mécontentement des souverains, et ne les apaisa qu’en acceptant pour son fils François la main de l’archiduchesse Jeanne, princesse autrichienne. Le duc de Savoie, Philibert-Emmanuel, qui avait donné la victoire à Philippe II sur le roi de France à Saint-Quentin, parvint à recouvrer, à la faveur des troubles de la France, toutes ses villes du Piémont. Mais il n’obtint pas plus du roi d’Espagne que du pape, les secours qu’il désirait pour soumettre Genève.

Le duc de Parme et Plaisance, Ottavio, appartenait à l’Es- , pagne par sa femme Marguerite, longtemps gouvernante des Pays-Bas, et son fils Alexandre, élevé par sa mère dans des sentiments tout espagnols, et, plus tard, général de Philippe II. Guillaume de Gonzague, duc de Mantoue, qui tenait de Charles-Quint le Montferrat, et de Philippe , Guastalla, avait besoin des troupes du Milanais pour se faire obéir par ses sujets, comme le prouve la révolte de Casale, en 1565.

A Ferrare , le duc Hercule avait partagé les projets de

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