‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 217 sur 347 · I.’ ITALIE AU XVII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

I.’ ITALIE AU XVII* SIÈCLE

Grégoire XIV, pape tout espagnol, fut élu, mais ne régna que sept mois. Une troisième lutte, plus ardente encore que les précédentes, s’ouvrit. Le cardinal de San-Severina, porté par les Espagnols , manqua un jour la papauté d’une seule voix; « l’inquiétude, dit-il lui-même, fit sortir de son corps une sueur de sang. » Le cardinal Aldobrandino , créature de Sixte-Quint, beaucoup moins dévoué aux Espagnols, fut enfin élu le 20 janvier (1592), et prit le nom de Clément V1U.

C’était une victoire pour l’Italie. L’abjuration de Henri IV, son entrée à Paris en 1 594 en fut une autre ; on la célébra dans la péninsule comme un événement national. Le pape, qui jusque-là avait ménagé les Espagnols, et reçu seulement en secret les ambassadeurs de Henri IV, ne résista plus aux instances du grand-duc de Florence. En vain le parti espagnol quitta Rome avec les cardinaux qui le dirigeaient, en vain le duc de Sessa, ambassadeur de Philippe II , jeta les bandits des Abruzzes sur les terres de l’Église. Soutehu par les Vénitiens, parle duc de Toscane, par l’empereur luimême , auquel les Italiens fournissaient des secours contre les Turcs, le pape passa outre; il déclara, dans une cérémonie solennelle (8 septembre 1595) Henri IV réconcilié avec l’Église catholique , et rétablit ainsi entre les puissances orthodoxes un équilibre favorable à sa propre indépendance et à l’affranchissement de l’Italie.

La péninsule s’aperçut bientôt en effet qu’elle avait trouvé contre l’Espagne un puissant appui. Alphonse II , duc de Ferrare, de Modène et de Reggio , mort en 1597, avait laissé son héritage à don César son cousin, à défaut d’héritier direct. Clément VIII réclama, comme fief du saint-siège, la ville de Ferrare, lança l’excommunication contre don César, qui prétendait à toute la succession , et fit un emprunt pour appuyer d’une armée les foudres spirituelles.

Les chances ne paraissaient pas favorables d’abord au saint-siège. La cour d’Espagne, qui croyait avoir à se plaindre de Clément VIII , était fort mal disposée. Le grand-duc de Toscane , beau-frère de don César, abandonnait cette fois le pape. La république de Venise même l’empêchait de re-

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