CHAPITRE XVII
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éteintes des factions napolitaines. Plusieurs évêques même et quelques barons, suivirent les moines; une armée, recrutée en partie de bandits, sortit de la Calabre. Le comte de Lenios, vice-roi de Naples , en eut bientôt raison. Les malheureux qui furent saisis périrent dans d’affreux supplices. Thomas Campanella, qu’on regarda comme fou, fut jeté dans un cachot, où il resta vingt-sept ans, et passa de la rêverie d’une république universelle à celle d’un universel saintempire.
Cette tentative suffit pour mettre sur ses gardes le gouvernement espagnol déjà plein de méfiance. Philippe III, à Rome, excita le cardinal Farnèse, chef de sa faction, contre Aldobrandino; les garnisons des présides de Toscane furent augmentées : le gouverneur de Milan, Fuentes, rassembla un nombre de troupes assez grand pour effrayer toute la péninsule. 11 eût peut-être fait davantage si le roi d’Espagne, Philippe III et son ministre , le duc de Lerme , satisfaits de maintenir leur domination, n’eussent mis tous leurs soins à éviter une intervention de llenri IV au delà des Alpes.
le pape Paul V; Charles Emmanuel Ier (J «05- *019).
La mort de Clément VIII , en 1605, ralentit encore davantage ce mouvement tout français. Les cardinaux avaient élu d’abord Léon XI, pape entièrement favorable à Henri IV, et dont l’élection fut célébrée avec joie en France. Mais ce vieillard ne survécut que quelques jours à son exaltation. Le cardinal Borghèse le remplaça sous le nom de Paul V. Elu en dehors de toute combinaison politique, préoccupé presque exclusivement des prérogatives de son autorité spirituelle, il indisposa contre lui tous les États d’Italie par son ardeur quelquefois intempérante à soutenir ses droits.
On consentit d’abord presque partout à faire des concessions à un pape que l’expérience rendrait sans doute bientôt plus traitable. Gènes révoqua une ordonnance qu’elle avait portée contre des assemblées réellement politiques des jésuites. Le duc de Savoie abandonna ses droits sur la nominal ion litigieuse de plusieurs bénéfices. Le vice-roi de Naples
L’ITALIE AU XVIIe SIÈCLE.
fit demander l’absolution pour le président du conseil qui avait exécuté une ordonnance royale contraire aux prétentions pontificales 'dans le royaume.
Mais à Venise , les points de conflits s’envenimèrent tous les jours au point d’amener bientôt un éclat. La cour de Rome et le conseil des Dix étaient aux prises sur toutes choses : sur les frontières des deux territoires, sur les limites des juridictions temporelle et spirituelle, sur les rapports de commerce et la dime. Le plus dangereux, c’est que ces conflits exprimaient un antagonisme de théorie beaucoup plus grave. Le Vénitien fra Paolo Sarpi défendait alors avec beaucoup de science et d’ardeur les droits laïques de l’État contre les prétentions soutenues par le cardinal Bellarmin, en faveur du pouvoir spirituel; et le doge nouveau Léonard Donato, était le disciple de ce célèbre jurisconsulte. Le pape éclata enfin à propos de deux ecclésiastiques coupables, arrêtés par la justice séculière ; il lança l’excommunication et l’interdit sur la république. Le sénat ordonna au fidèle clergé de la république de ne point tenir compte des censures et de continuer ses fonctions. Les jésuites et les capucins seuls désobéirent et furent bannis. Paul V, hors de lui , fit des préparatifs de guerre, la république augmenta ses troupes; les deux adversaires cherchèrent des secours, le pape auprès du roi d’Espagne , le conseil des Dix auprès du roi de France.
Les gouverneurs espagnols, en Italie, poussaient Philippe III à la guerre; le parti protestant, en France, sollicitait Henri IV de l’entreprendre. Les deux rois furent plus sensés. François de Castro et le cardinal de Joyeuse, envoyés, à cet effet, en Italie, parvinrent à tout accorder en 1607, par un compromis. Le doge livra à l’envoyé français, et par considération pour le roi de France, les deux ecclésiastiques coupables ; mais il ne renonça à aucun des droits de l’État, et maintint l’expulsion des jésuites et des capucins.
La mort du grand-duc Ferdinand, qui n’eut point dans Cosme II un successeur digne de lui, fut encore une perte pour l’Italie. Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel, pratiqua la seule vraie politique nationale; le fils du général de Phi-