‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 223 sur 347 · CHANTRE XVII · texte numérisé non relu

CHANTRE XVII

partage des magistratures de la république, et de remplacer la vieille constitution de Doria. Le pape Urbain VIH fit tout pour arracher les Italiens à leurs querelles et il conjura Richelieu de montrer une armée vers les Alpes : « Si le roi paraissait seulement à Lyon, il promettait de se mettre en campagne.» . Mais Richelieu ne voulait rien entreprendre au dehors avant d’en avoir fini en France avec la Rochelle. Heureusement pour Charles de Nevers, le duc de Savoie s’embarrassa encore dans plusieurs entreprises à la fois. Tandis que le gouverneur de Milan échouait devant Casale défendu par quelques Français, lui-méme, après la prise d’Alba, Trino, Moncalvo, s’arrêta là, pour se tourner contre Gènes. 11 complota avec le chef du peuple, Vachero, homme perdu de vices et capable de tout, le renversement du sénat et le massacre des nobles. Au bout de cette conspiration Vachero voyait la couronne de doge et le duc de Savoie la possession même de Gènes. La conspiration fut découverte, Vachero pendu; et Gènes éleva contre le duc de Savoie cette quatrième enceinte de murailles qui s’étend dans un espace de huit milles du phare à la vallée de Bisagno.

L’intervention de Richelieu au commencement de 1629 parut seulement rendre la guerre sérieuse. L’apparition de Louis XIII sur les Alpes décida lè pape et Venise jusque-là indifférents. Le duc de Savoie , lui-même , battu à Suse par les Français, fut forcé de faire cause commune avec les confédérés contre l’Autriche, et de revenir à sa politique naturelle. Il était temps d’agir ; l’empereur Ferdinand II écrasait alors les protestants en Allemagne, au milieu de la guerre de Trente ans, et menaçait l’Europe. Mais en se contentant de débloquer Casale , Louis XIII exposa à une grande catastrophe l’Italie laissée sans défense après son départ.

L’empereur irrité envoya en Italie, par l’Âdda etl’Oglio, une armée de trente-cinq mille hommes. C’était ce qu’il y avait de plus remuant et de plus avide parmi ces féroces soldats que produisait la guerre de Trente ans. « t)n montrera aux Italiens, disait-on à Vienne, qu’il y a encore un empereur. — Depuis sept ans, ajoutait le champion du catholicisme en Allemagne, Ferdinand II, Rome n’a pas été saccagée. •> Venise

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