‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 229 sur 347 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

dans le bizarre , l’Albano dans l’afféterie , le chevalier d’Arpino dans l’idéal ; un peu plus tardSalvator Rosa, peintre et poète, dans le fantastique; Giordano dans le gigantesque; tous cependant avec une incontestable habileté.

Innocent Xs nasanlello ; lutte de la ft'rance et de l'Espagne en Italie (1035-1030).

Le cardinal de Richelieu, en 1635, tâcha d’arracher décidément l’Italie à son apathie, et de l’enlever à la dominationespagnole. 11 avait dompté à l’intérieur la noblesse et le parti protestant; il prenait maintenant la conduite de la guerre de Trente ans et entrait en lutte contre la maison austroespagnole. La délivrance de l’Italie était le coup le plus sensible qu’il pût lui porter. 11 voulut former une ligue de tous les États indépendants contre l’Espagne. Malheureusement Urbain VIH était encore dans le plus grand découragement ; et tous les princes italiens, persuadés que la France n’avait que des vues intéressées, ne songèrent au milieu de la lutte qu’à leurs petites haines et aux objets de leur mesquine avidité.

Richelieu, pour la conquête du Milanais, ne put réunir, par le traité de Rivoli , que les ducs de Savoie, de Parme et de Mantoue; le premier même en lui donnant à choisir entre son alliance et la guerre. Les Barberini ne consentirent à s’armer que contre les Médicis , toujours mécontents de la perte d’Urbin. Le gouverneur du Milanais, marquis de Léganès, n’eut qu’à mettre le pied (1637) sur le territoire de Plaisance pour désarmer le faible Édouard de Parme. L’année suivante la mort le débarrassa de ses deux autres ennemis, Charles Ifr de Gonzague, duc de Mantoue, et Victor- Amédée de Savoie. La veuve du premier, Marie, ne cherchant qu’à assurer à son fils une succession si contestée , se mit immédiatement sous la protection de la cour de Madrid; la seconde, Christine, princesse toute française, eut assez à faire de défendre son fils contre ses deux frères, Thomas et Maurice , l’un soldat au service de l’Espagne , l’autre cardinal dévoué à l’Autriche.

Le marquis de Léganès, ainsi favorisé, envahit le Piémont et marcha au-devant de l’armée française, conduite par le

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L’ITALIE AU XVIIe SIÈCLE. 433

cardinal La Valette. La duchesse de Savoie fit au moins preuve d’un grand courage : assiégée dans Turin par ses deux frères, qui avaient déjà saisi Verrue, Ivrée, Aoste; prise entre les Espagnols et les Français, elle refusa des secours de ses ennemis et de ses amis, pour ne point compromettre l’avenir de son fils (1639).

La tentative de Léganèssur Casale, dans le Mantouan (1640) secoua un instant l’indifférence de l’Italie. Le pape et Venise menacèrent d’envahir le Milanais ; le général français d’Hartcourt en profita ; il prit Chiari et délivra Turin et Casale. Mais c’était tout ce que voulaient Urbain VIH et la république; ils cessèrent ensuite d’appuyer la France.

Le pape trouva plus urgent de se saisir de Castro sur le duc de Parme, pour garantir ses créances, et suscita ainsi une guerre à l’intérieur, tandis que les Espagnols et les Français continuaient à se battre sur les frontières. Édouard, excommunié pour ses réclamations, envahit le territoire de Rome et n’eut pas de peine à réunir contre le pape les Médicis, les d’Este et Venise. Rome fut assiégée aux applaudissements des Espagnols, qui ne pardonnaient point à Urbain ses velléités d indépendance , et le péril fut si grand que le pape toucha aux réserves amassées par Sixte-Quint au château Saint-Ange (1642). Les Italiens avaient dépensé plus d’énergie dans cette querelle particulière qu’ils n’avaient fait depuis longtemps contre l’Espagne.

Le gouvernement français parvint à terminer ces divisions, aussi funestes à l’Italie qu’à ses propres intérêts. En 1643, il fit la paix entre la duchesse régente de Savoie et ses deux frères, qui reçurent en apanage les deux villes de Nice et d’Ivrée. En 1644 , il obtint du pape l’absolution du duc de Parme, à la condition que celui-ci donnerait de bonnes garanties à ses créanciers. C’était enfin un acheminement vers une ligue générale contre l’Autriche ; la mort d’Urbain VIII la fit encore échouer. Le parti espagnol parvint à porter au saint-siège Innocent X (Pamfili), dont le premier soin fut de faire rendre gorge aux Barberini , partisans des Français, et de les jeter en exil. Le cardinal Mazarin, successeur de Richelieu , fut obligé comme celui-ci d’user de violence pour

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