‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 230 sur 347 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

pousser les Italiens contre les Espagnols. Il n’avait plus rien à gagner au nord , où le Piémont était tout à fait débarrassé des troupes de Léganès ; une Hotte française , armée à Marseille, vint agir sur le centre. Le grand-duc de Toscane, toujours porté pour l’Espagne, fut forcé de signer un traité de neutralité ; le pape, sous les mêmes menaces, rappela les Barberini et donna un chapeau de cardinal à la maison d’Este, bien disposée pour la France. L’ile d’Elbe, Piombino et Porto-Longone, dans les Préside s , furent arrachés aux Espagnols.

Deux révoltes qui éclatèrent tout à coup (1647) contre la monarchie espagnole , faillirent l’ébranler encore bien da-

Philippe IV, Tuçp en haleine par la France, était obligé de beaucoup demandera \ ses sujets ; les vice-rois, pour se faire bien venir , mettaient tàXw,,s sur taxes en Sicile et à Naples. Bientôt le mécontentement tut Général ; et comme on comptait sur les secours de la France, oiz,y s’enhardit à passer du blâme a la révolte. Païenne d abord, jours la première quand il s’agit de secouer la domination étra«^,)0£rc ? se sou leva. Le peuple assiégea les hôtels de la doai^jjg’^ ^ ja monnaie, brûla les registres d’impôts, et sous certaju Giuseppe d’Alesio, batteur d’or, résolut d’établir un^Louver nemeut populaire , et de soulever le reste de l’ile. DV,utres mouvements eurent lieu à Catane, à Termini, à Agrigel^lle mais Messine refusa de prendre part au soulèvement qui bientôt cerné dans Palerme. Giuseppe d’ailleurs renié dé| par quelques-uns des siens dont il comprimait les violences et calomnié par les Espagnols qui l’accusaient de liaisoml avec les Français, fut mis à mort par ceux qu’il avait coim duits contre leurs maîtres.

A Naples le soulèvement alla plus loin. La Sicile était heureuse sous ses vice-rois en comparaison du royaume de Naples qui n’avait pas pour se protéger les restes d’une constitution libérale. Tout était taxé depuis longtemps , la Viande, le vin, le poisson, la farine. La roue et le gibet faisaient justice des plus récalcitrants , et les cadavres des suppliciés coupés en morceaux étaient encore cloués aux

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portes de la ville pour servir d’exemple. Le nouveau vice-roi, duc d’Arcos, non-seulement augmenta les gabelles, mais imposa aussi les fruits et les légumes qui avaient été oubliés. Quand on lui représenta la misère des habitants : « Qu’ils vendent leurs femmes et leurs fdles, dit-il, et qu’ils payent leurs dettes. » Le mécontentement passa des bourgeois à quelques membres du clergé et de la noblesse; il descendit jusqu’aux lazzaroni eux-mêmes, obligés de renoncer à leur douce indolence pour satisfaire le fisc ; et des rixes avec les agents du vice-roi éclatèrent presque chaque jour , au commencement de l’année 1647.

Parmi les agitateurs on remarquait Genovinov employé destitué , un frère carme , et surtout un pécheur, Thomas Aniello d’Amalfi. Ce dernier ne s’était fait connaître d’abord que par les bons mots dont il assaisonnait dans les rues le débit de sa pèche ; mais depuis que sa jeune femme avait été condamnée à une forte amende pour avoir passé en fraude un bas rempli de farine > il se mêlait à tous les groupes et poussait à l’émeute; une première fois, sous couleur d'un jeu fort en vogue, Mazaniello, comme on l’appelait familièrement, rassembla une bande de jeunes lazzaroni, armés de roseaux et de harpons, et les fit défiler ■devant le palais du vice-roi en adressant des railleries et des défis aux nobles. Le jeu devint bientôt plus |sérieux.

Le 7 juillet 1647^ un marchand de figues appréhendé par les agents du fisc jetait ses fruits dans la poussière pour ne pas payer l’impôt; la foule commençait à s’ameuter; Mazaniello arriva avec une troupe armée de bâtons , chassa les collecteurs, aux cris de : « Vive le roi d’Espagne, mort au gouverneur ! » et alla piller le bureau des receveurs et brûler les registres; Yeletto s’interposa pour apaiser le tumulte; le peuple le repoussa à coups de pierres au cri de vive Mazaniello. Le vice-roi, arrivé sur le théâtre des événements, fut à son tour menacé, poursuivi dans l’église de Saint-François de Paule et obligé de promettre de diminuer les impôts. Mais il s’enfuit pendant la nuit dans le Castel-Nuovo et transforma l’émeute en révolution.

Genovino fit remarquer que peuple révolté est peuple

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