‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 232 sur 347 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

blique proclamée; Ànneseappelaàla révolte les autres villes «l’Italie, et convoqua leurs députés à Naples pour y prendre des résolutions communes , et imiter l’exemple récent des Hollandais.

Ce mouvement arrivait à souhait pour seconder les desseins de la France. Mazarin était déjà parvenu à entraîner le pape dans son parti, en gagnant sa belle-sœur Olympia Maidalchina , qui gouvernait alors despotiquement la cour pontificale. Il'poussa le duc dp Modène par la promesse d’un subside et de quelques secours contre le gouverneur de Milan. En Savoie où la duchesse évitait de trop se compromettre vis-à-vis de l’Espagne, il chercha à assurer l’influence à Thomas de Savoie qui lui était maintenant dévoué; enfin, il envoya des secours aux Napolitains et leur fit agréer comme chef le duc de Guise, dont la famille avait toujours eu des prétentions sur le royaume de Naples.

Henri de Guise, déclaré général de la république royale de Naples se rendit au milieu des Napolitains assez mal accompagné, mais annonçant l’arrivée de nombreuses troupes françaises. C’était le moment où Mazarin faisait avec l’empereur d’Allemagne la paix de Westphalie. La cour de Madrid restait seule en face de cette ligue formidable. Rien cependant ne réussit ; l’ambition et la jalousie divisaient les ennemis de l’Espagne. Les nobles à Naples s’étaient prononcés contre le mouvement , en haine d’Annese. Guise no travaillait que pour gagner la couronne de Naples; l’ambassadeur français, qui s’en doutait, ne lui prêtait qu’un faible appui. Gennaro Annese se défiait et de Guise et de l’ambassadeur, qui cherchaient à s’appuyer sur la noblesse ; plutôt que de voir succomber la république sous leurs intrigues, il penchait à retourner à l’Espagne. Mazarin, enfin, au moment où il aurait pu tourner toute son attention vers les affaires d’Italie, vit éclater la guerre civile de la Fronde.

Le comte Ognate, nommé vice-roi à la place’ du duc d’Areos, mit habilement à profit les divisions de l’ennemi. 11 gagna par des concessions Gennaro Annese et son parti, battit dans une sortie le duc de Guise auquel Annese ferma les portes de la ville, et une fois maître du fort Torrione

L’ITALIE AU XVir SIÈCLE.

del Carminé, ne ménagea plus rien. Il rétablit en effet, à quelques adoucissements près, le despotisme traditionnel de l’Espagne, prononça, malgré l’amnistie, un grand nombre de confiscations et d’exécutions dont Gennaro Annese fut victime lui-même, et reçut vivement Thomas de Savoie, arrivé pour soutenir le mouvement quand tout était fini.

Toute la conspiration contre l’Espagne fut frappée, par contre-coup, dans le reste de la péninsule. Le ducdeModène, François, qui avait d’abord attaqué le gouverneur de Milan, Caracena, demanda la paix, et reçut garnison espagnole dans Correggio; son frère, le cardinal d’Este, renonça au titre de protecteur des Français. A Rome, pne autre dona Olympia, épouse de Camillo, fils de Maidalchina, rivale de sa belle mère, ramena dans le parti espagnol un pape toujours prêt à subir un joug singulier, surtout à la cour poniificale. Dans la Savoie, Christine, en dépit de Thomas, assura le pouvoir à son fils majeur, Charles-Emmanuel II ; le duc Ferdinand de Toscane aida les Espagnols à reprendre Piombinp et Porto-Longone, en échange de la ville de Pontrémoli qu il convoitait depuis longtemps (1651). Enfin le gouverneur de Milan, Caracena, reprit Trino, Crescentino, en 1653, entraîna décidément Charles II, de Mantoue, dans le parti espagnol, ef s’empara avec lui de l’importante place de Casale toujours occupée par une garnison française.

Mazarin ne put agir en liberté contre l’Espagne que lorsqu’il fut délivré de la guerre de la Fronde. En 1654, Olympia Maidalchina, plutôt, il est vrai, par haine contre sa belle-fille que par amour pour les Français, ourdit de nouvelles intrigues et reprit le pouvoir. En 1656, Guise, à la tête de quelques vaisseaux rassemblés dans la Provence, surprit Castellamare , et tenta d’emporter Naples. Mais les victoires de Turenne, dans les Pays-Bas espagnols, firent bien plus, sinon pour renverser la domination espagnole, au moins pour rétablir l’influence française dans la péninsule. En 1658, Mazarin protégea le duc François de Modène, avec une armée mise sous les ordres de Thomas de Savoie, contre le gouvernepr de Milan, le duc de* Mantoue et l’empereur luimême. En 1659, à la paix des Pyrénées, il fit rendre au dup

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