CHAPITRE XVIII
eut bien soin de prendre encore ses garanties; il se fit assurer la possession des présides dans la Toscane, et confirmer celle du Mantouan qui disparut du nombre des États libres. Charles VI tint ainsi l’Italie au xvih* siècle, dans une dépendance plus étroite que Charles-Quint au xvi\ et la péninsule ne gagna à la guerre que de passer du despotisme épuisé et lointain de l’Espagne, sous l’empire de l’Autriche encore toute-puissante et toujours à sa porte.
Création du royaume de Sardaigne pour Victor Vmédée I"
Victor-Àmédée, le plus puissant des souverains de l’Italie, fut le premier à éprouver combien sa nouvelle royauté même était précaire.
En l’année 1717, le ministre de l’Espagne, cardinal Albéroni, homme d’une ambition hors de proportion avec les ressources de la monarchie de Philippe V, résolut de remettre en question ce que les traités de Rastadt et d’Utrecht avaient décidé. L’empereur Charles VI et la république de Venise étaient depuis deux ans aux prises avec l’empire ottoman ; Charles VI, pour les frontières de la Hongrie; la république, au sujet de la Morée. Venise perdait presque toute la presqu’île grecque qu’elle avait récemment conquise, et se défendait avec quelque peine dans l’Adriatique et sur les côtes de la Dalmatie ; le prince Eugène était plus heureux sur le Danube contre le croissant, mais il avait besoin de ce côté d’une grande partie des forces de l’Autriche. La paix précédente avait laissé des mécontentements et donnait lieu à des difficultés d’exécution. Le pape Clément XI ne pouvait oublier qu’on avait disposé sans son aveu de la Sicile et de la Sardaigne qu’il regardait toujours comme fiefs du saint-siège; il était engagé dans une lutte très-vive avec le nouveau roi de Sicile, Victor-Àmédée, au sujet des limites des deux puissances ; enfin les Siciliens, après avoir vu Victor-Amédée quitter Palerme, ne faisaient pas de différence entre ce maître italien et un maître étranger, et les Sardes trouvaient les Allemands plus rapaces encore que les Espagnols,