‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 243 sur 347 · L ITALIE AU XVIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

L ITALIE AU XVIII* SIÈCLE

Tout à coup, en août 1717, le cardinal Àlbéroni jette sur les côtes de la Sardaigne une flotte rassemblée sous prétexte de secourir Venise contre les Turcs, et s’empare de l’ile en moins de deux mois; l’année suivante, encouragé par ce premier succès, il envoie une autre Hotte en Sicile devant Palerme, pour maintenir, disait-il , les privilèges de l’ile violés par le duc de Savoie ; il soulève Palerme , Catane , et prend dans Messine le vice-roi de Victor-Amédée. L’empereur, effrayé, se hâta de conclure avec la Porte ottomane la paix de Passarovitz, dont Venise, son alliée, fit les frais par l’abandon de la Morée (1718); et se plaignit de l’agression d’ Albéroni devant les puissances signataires du traité d’Utrecht. Ce fut une occasion pour la quadruple alliance de river les fers de la péninsule.

Les Espagnols furent sommés de vider les deux îles, qui devinrent l’objet d’un échange entre l’empereur Charles VI et Victor-Amédée; l’Autriche réunit les deux parties du royaume desDeux-Sicilesen deçà et au delà du phare, pour pouvoir défendre plus aisément l’ile sitôt tombée au pouvoir des Espagnols. Victor-Amédée Irr échangea le titre de roi de Sicile contre celui de Sardaigne , qu’il était aussi plus à môme de garder contre les attaques du dehors. Les Espagnols cédèrent devant les flottes et les armées de la ligue. Après la reprise de Messine héroïquement défendue, le reste de Pile fit sa soumission sur de vagues promesses ; et le traité de la quadruple alliance reçut sa pleine exécution par la chute d’Albéroni, en 1720. Palerme fut surveillée par une forte citadelle élevée sur une hauteur voisine. Victor-Àmédée I" reçut, selon la forme traditionnelle, devant les chefs des trois ordres, le domaine de Pile de Sardaigne, et jura le maintien de ses libertés et privilèges. L’empereur nomma un vice-roi en Sicile, comme il nomma un gouverneur à Milan, un vice-roi à Naples ; et l’entreprise d’ Albéroni n’eut d’autre résultat que d’affermir la domination autrichienne en Italie, et d’affaiblir le nouveau royaume italien par un échange évidemment désavantageux pour les intérêts de toute la péninsule, mais non pour ceux de la maison de Savoie,

Page 1