CHAPITRE XVII
I.e «In rhô de l»«rnie supprimé, Tapie» passe à un Bourbon, la Toscane à un Habsbourg (OtO-IÏSi),
La succession de l’Espagne en Italie était à peine définitivement réglée, que celles du duché'de Parme et Plaisance et du grand-duché de Toscane, excitèrent les convoitises et les intrigues. Les Farnèse et les Médicis approchaient de leur fin.
François, duc de Parme, n’avait pour héritier qu’un frère, Antoine, âgé de quarante-cinq ans, monstrueusement obèse, qui ne promettait ni longue vie ni postérité, et une fille, Elisabeth, mariée au roi d’Espagne Philippe Y. Le duché devait revenir à Élisabeth, cela ne faisait pas un doute , et l’empereur d’Allemagne était prêt à reconnaître les droits de don Carlos, un de ses fils ; seulement , pour contenir les Bourbons, qui rentraient ainsi indirectement en Italie, il prétendait recevoir de don Carlos l’hommage féodal depuis longtemps prêté au pape , et cette prétention blessait à la fois le roi d’Espagne et le saint-siège.
La succession de Toscane était encore plus litigieuse. Jean Gaston, successeur de Cosme III, en 1723, était assez âgé, séparé de sa femme et sans enfants. Deux héritiers se présentaient : une sœur de Gaston, mais tout à fait étrangère, mariée à l’électeur palatin , d’ailleurs sans protection , et la même Élisabeth Farnèse, qui comptait moins sur sa parenté, assez éloignée avec les Médicis, que sur l’appui de l’Espagne. Mais ces deux titres étaient contestables ; le duché de Toscane, selon les ternies de la concession, n’avait été donné aux Médicis que de mâle en mâle; et dans Florence, qui croyait rentrer bientôt légitimement dans son ancienne indépendance, les uns songeaient à rétablir la république, les autres voulaient au moins choisir leur nouveau maître.
Les puissances qui avaient l’habitude de disposer de lltalie comme d’une propriété , n’admettaient naturellement point cette prétention de la Toscane à l’indépendance; mais d’accord en cela, l’Autriche et l’Espagne l’étaient moins sur la prise de possession : Philippe V voulait faire succéder à Gaston, en vertu de son propre droit, et, en toute indépendance, un des fils de sa femme, le même don Carlos à qui