‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 245 sur 347 · I.’lTALIH AU XVIIIe SIÈCLE · texte numérisé non relu

I.’lTALIH AU XVIIIe SIÈCLE

Parme et Plaisance étaient déjà destinées. L’empereur, qui revendiquait aussi la suzeraineté sur le grand-duché, ne consentait à y souffrir un Bourbon qu’avec le frein féodal de l’investiture. La vieille rivalité de la maison de Habsbourg et de la maison de Bourbon renaissait en Italie sous une forme nouvelle, et la péninsule, après avoir souffert de l’union de l’Autriche et de l’Espagne, souffrait maintenant de leur désunion.

Gaston, dès les premiers jours de son règne, avait vu ses deux adversaires prendre leurs précautions ; augmenter, l’un les garnisons des présides , l’autre les ouvrages de Porto- Longone. L'avidité des deux compétiteurs, qui allaient de son vivant jusqu’à se disputer les biens allodiaux , les fiefs, les palais, les joyaux, les meubles de la famille, le remplit bientôt de dégoût ; il avait essayé d’abord de relever la Toscane de l’abaissement où l’avait laissé tomber son père ; il finit par fermer les yeux et les oreilles, et laissa son valet, Julien Dami, le pourvoyeur de ses plaisirs, gérer les affaires du duché, et vendre la justice à beaux deniers comptant. H ne demanda qu’à mourir en paix , et à clore sans plus de soucis la dynastie des Médicis.

11 ne le put. La mort du vieil et impotent Antoine, en 1730, mit déjà aux prises les Habsbourgs et les Bourbons. „

L’empereur donna ordre au gouverneur de Milan d’entrer dans le duché de Parme et Plaisance pour assurer ses droits de suzerain. Le roi d’Espagne, de son côté, envoya six mille hommes de troupes, avec son fils don Carlos, dans la Toscane; tous deux en dépit du pape Clément XII et de Jean Gaston, qui ne voulaient point qu’on disposât de leur propriété sans leur aveu. On s’arrangea d’abord sans coup férir à leurs dépens. Don Carlos voyant déjà Parme et Plaisance au pouvoir des Impériaux, consentit à prêter hommage pour ce duché. L’empereur, en 1732, de son côté, permit à don Carlos de débarquer à Livourne à la tète de ses six mille Espagnols ; et , à un mois de distance , celui-ci reçut à Florence, comme prince héréditaire, l’hommage jusque-là prêté au dernier Médicis, et prêta, comme duc de Parme et de Plaisance, serment de fidélité à l’Empire.

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