CHAPITRE XVIII
un nouvel État italien, le duché de Parme et de Plaisance, périt au profit de l’Autriche ; la considération politique du saint-siège lut encore atteinte; la Toscane tomba entre les mains d’un prince autrichien. Pour toute compensation, le roi de Sardaigne obtint deux villes ; Naples et la Sicile réunis, devinrent l’apanage d’un roi sinon italien au moins national. C’était beaucoup cependant que le midi de l’Italie cessât d’appartenir en propre à l’étranger.
Cènes et guint-TOarln (1ÏJ5-1Ï38),
La paix qui suivit prouva que l’Italie n’avait pas gagné beaucoup en dignité et en indépendance. Le roi de Sardaigne, tombé tout à fait sous l’influence autrichienne, se tint pour honoré, en 1737, d’obtenir pour épouse une sœur du grand-duc désigné, François-Étienne. Tandis que les Napolitains et les Siciliens saluaient une ère nouvelle dans un roi qui résidait chez eux, les Toscans, à la mort de Jean Gaston, virent avec douleur le prince de Craon, à la tête de six mille Allemands, prendre possession du grand duché au nom de François-Étienne. La venue du grand-duc et de son épouse Marie Thérèse,, en 1737, produisit une impression semblable, moins triste encore, cependant, que leur prompt départ. 11 fallait se résigner à n’avoir plus de prince résident , plus de cour, mais un simple fondé de pouvoirs.
La république de Gènes avait demandé précédemment les secours de l’Autriche contre les Corses; elle s’adressa maintenant au cabinet français contre un aventurier hardi, le baron Théodore de Neuhoff, qui s’était fait fort de délivrer et de défendre les insulaires. Déclaré roi par la grâce de la très-sainte Trinité et l’élection des très-glorieux libérateurs et itères de la patrie , celui-ci ne céda, en effet, que devant les menaces de Louis XV et le débarquement du comte de Boissieux à la tête d’une escadre. Quelque temps fugitif en Italie, en Piémont, en France, puis prisonnier pour dettes à Amsterdam, l’aventurier-roi, délivré par un juif, équipa encore trois vaisseaux en 1738, échoua contre Ajaccio, et alla terminer ses jours à Londres. Maillebois, successeur de Boissieux, soumit, après son départ, toute la Corse en une seule