L’ITALIE AD XVIII* SIÈCLE
campagne, en 1739, et les Génois purent déjà prévoir la perte d’une Ile qu’ils ne pouvaient pas défendre.
Dans les États de l’Église, la même année, le cardinal Âlbéroni montra par une entreprise ridicule la déchéance politique du saint-siège. Le grand ministre qui avait voulu bouleverser l’équilibre européen, chargé d’une légation dans la Romagne, profita de quelques troubles intérieurs dans Saint-Marin pour surprendre la ville avec quelques sbires; il prétendait mettre fin à l’existence de cette vieille et innocente petite république. Clément XII, plus sensé, désavoua son belliqueux légat ; après avoir perdu la souveraineté de Parme et de Plaisance , il dédaigna de prendre celle de Saint-Marin ; et la petite république , survivant comme par dérision sur le mont Titanus, avec son conseil des Soixante , ses deux Capitaines et son Arringo populaire-, put porter jusqu’à nos jours ce mélancolique souvenir d’une antique liberté !
Guerre de la succefiBlon d'Autriche; défense de Gènes; le duché de Parme rétabli; le royaume sarde agrandi (1940- «948).
La mort de Charles VI, en 1740, pouvait amener dans la péninsule la chute de toute domination étrangère. La monarchie autrichienne, entourée d’ennemis, entre les mains d’une femme, Marie-Thérèse, semblait à la veille de périr. Tandis que chaque puissance s’apprêtait à en saisir un lambeau, la reine d’Espagne, Élisabeth, réclama Parme et Plaisance pour son fils don Philippe , Charles-Emmanuel 1er, le Milanais pour lui-même. L’action combinée des Bourbons d’Espagne et de Naples avec le roi de Sardaigne, sous la protection de la France, pouvait rejeter pour toujours les Autrichiens au delà des Alpes. Des troupes expédiées de Barcelonne et de Naples se rassemblèrent dans les présides ; Charles-Emmanuel mit ses armées sur le pied de guerre. On chercha encore à entraîner le saint-siège et Venise. C’était, disait-on, l’occasion ou jamais d’expulser totalement les étrangers de la péninsule ; le cardinal Albéroni , mieux • inspiré cette fois, parla d’une ligue des États italiens.
Mais en 1740 même, était monté sur le saint-siège Be-