‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 249 sur 347 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

noît XIV (Lambertini), homme aimable et plein de bonté, qui sacrifiait toute sa politique au culte des lettres, comme Benoit XIII, un de ses prédécesseurs, à ses dévotieuses pratiques, et le gouvernement vénitien, toujours décidé depuis la paix de Passarovitz à vivre en se faisant oublier, répondit à toutes les offres qu’il n’avait pas d’autres pensées que la prospérité de ses peuples. On pouvait encore agir sans eux. Mortemar, à la tête des troupes napolitaines et espagnoles, envahit le Parmesan, et recueillit le duc de Alodène, jeté dans le parti des Bourbons par la brutalité du gouverneur de Milan, comte Traun.

Charles-Emmanuel Ier fit tout manquer. Il craignait autant les Habsbourgs que les Bourbons dans la péninsule, et n’espérait pas obtenir des seconds le Milanais, s’il les aidait à s’emparer de la Toscane , de Parme et de Plaisance. Fidèle à la politique qu’il avait déjà suivie, il se fit marchander quelque temps pour gagner à coup sûr ; et après avoir négocié avec les Bourbons, il traita tout d’un coup avec Marie-Thérèse, et s’engagea à défendre le Milanais, Parme et Plaisance sur la promesse d’une nouvelle cession de territoire (1742).

Sans le roi de Sardaigne l’affranchissement de l’Italie était impossible. Charles-Emmanuel joignit ses troupes à celles des Autrichiens, dans le Parmesan et le Modenais, tandis qu’une flotte de l’Angleterre alliée à l’Autriche vint se ranger devant Naples et força don Carlos à rappeler ses troupes. L’armée franco-espagnole , commandée par don Philippe et Gages fut battue (1743) à Campo-Santo.

Le prince autrichien Lobkowitz compromit ce succès par trop d’ambition ; croyant Charles-Emmanuel suffisamment défendu par les Alpes, il poussa l’ennemi devant lui (en 1744) et traversa les États de l’Église pour enlever Naples au Bourbon Charles. Forcé de sortir de la neutralité, Charles attaqua Lobkowitz à Yelletri, le culbuta, passa le Tibre et ramena jusqu’à Bologne les Autrichiens rappelés d’ailleurs par Charles-Emmanuel, battu aussi dans les Alpes. Eh traversant les États de l’Église, les Autrichiens et les Espagnols purent juger de l'indifférence du saint-siège. Les Romains assistaient à la guerre comme à un spectacle. Lobkowitz et Gages fu-

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