‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 250 sur 347 · L’ITALIE AU XVIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

L’ITALIE AU XVIII* SIÈCLE

rent également bien traités à Rome. Quand les armées belligérantes campèrent successivement à Tivoli et à Viterbe , toute la ville se porta en foule pour voir les costumes et l’appareil militaire. Les Romains ne se fâchèrent qu’une fois contre les Espagnols, qui voulurent les enrôler et leur faire prendre parti; ils les chassèrent à coups de pierres.

Dès le printemps de l’année suivante les Bourbons résolurent de pousser vivement les Autrichiens et les Piémontais. Gênes, irritée contre l’empereur François et le roi Charles-Emmanuel, qui avaient, l’un donné, l’autre accepté le marquisat de Finale quijui appartenait, se déclarait celte fois contre les Habsbourgs. L’Espagnol don Philippe et le Français Maillebois, passant sur son territoire en mars 1745, débouchèrent parle col de la Bocchetta dans le Montferrat, étendirent leur droite vers Parme et se joignirent aux Espagnols et aux Napolitains de Gages, qui venaient de descendre les Apennins. Les Autrichiens et les Piémontais étaient derrière le Tanaro entre Valence et Alexandrie. Le fils de Maillebois fit une pointe sur Milan et attira à lui les Autrichiens; Philippe tomba sur les Piémontais, les écrasa à Bassignano et les rejeta dans les Alpes. Les Autrichiens , menacés d’être pris entre deux armées, évacuèrent Alexandrie, Tortone, Parme, Plaisance, Milan, et se retirèrent derrière le Mineio.

Après ce succès décisif, la cour de France fit tout pour détacher Charles'Emmanuel de Marie-Thérèse : elle lui proposa le Milanais à l’exception de quelques places pour Venise et Gènes; elle ne demanda pour don Philippe que Parme et Plaisance, pour elle-même que quelques points dans les Alpes. On laisserait la Toscane à un prince autrichien indépendant, et la péninsule recouvrerait enfin son indépendance avec plusieurs princes de la maison de Bourbon, il est vrai, mais non prépondérants. Charles-Emmanuel ne voulut rien entendre. 11 resta fidèle à l’Autriche et lui laissa le temps de réparer la défaite de Bassignano.

Marie-Thérèse, débarrassée en 1746 de la guerre avec la Prusse pouvait disposer d’une partie de ses troupes. Elle envoya Lichtenstein avec trente mille hommes au secours

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