‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 259 sur 347 · L’ITALIE AD XVIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

L’ITALIE AD XVIII* SIÈCLE

C’était en vain que des hommes instruits et impartiaux, h* Napolitain Melchior Delphico , les Vénitiens Ortès et Nani , le Piémontais Vasco, dans des ouvrages d’économie, tentaient de porter l’attention des princes sur des besoins aussi pressants. Joseph II s’occupait, surtout en Lombardie, de diminuer le nombre des religieux , et de soumettre le reste à l’évêque diocésain; il prétendait nommer l’archevêque de Milan et tous les évêques, changer à son gré les circonscriptions des diocèses, régulariser les revenus de l’Église, augmenter le nombre des cures, et faire élever les prêtres à sa guise. Dans l'administration , il cherchait volontiers à concentrer dans ses mains tout le pouvoir; il réunissait dans l’unique conseil de la magistrature comitiale, la commission ecclésiastique et la congrégation d’État; il rédigeait fort hâtivement un code applicable à toute la monarchie autrichienne, et abolissait presque complètement le système communal, si cher aux Italiens. Mais il n’ajoutait presque rien à la prospérité que la Lombardie devait au comte Firmian, et ne s’occupait pas de relever les ruines que la domination espagnole avait laissées dans l’industrie et le commerce.

Dans le royaume de Naples, la grande affaire du règne de Ferdinand IV fut de se soustraire au tribut de la haquenée et des six mille ducats dus au saint-siège. Il crut avoir beaucoup gagné en ne payant les six mille ducats qu’en 1777, aux Saints - Apôtres , pour effacer au moins toute trace d’hommage. Sambucca et Acton osèrent encore moins que Tanucci contre les privilèges féodaux. Quelques réformes dans l’armée, la construction de plusieurs gros vaisseaux de ligne, d’heureuses innovations dans le corps d’instruction de la marine, dus au chevalier Acton , et la fondation d’une colonie à San-Leuccio pour l’éducation du ver à soie et la fabrication du gros de Naples , furent les seuls bienfaits de leur administration, bien moins féconde que celle de leur prédécesseur. Ils laissèrent en vigueur les douze législations qui se disputaient le terrain dans le royaume. Dans la Sicile, Caraccioli, qui y fut envoyé avec le titre de vice-roi, eut le courage d’abolir l’inquisition, et de ^organiser le parlement de manière à en permettre l’entrée aux bourgeois des villes.

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