LA RÉVOLUTION
CIIAPITRE XIX*.
RÉPUBLIQUES ET ROYAUMES YËS SOUS L IYFLUIvVCE DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE ET DE L'EMPE- REUR NAPOLÉON (1789-1818).
l’italie faibi.e et divisée; les souverains ET LES PEUPLES; FRANÇOIS r.T
MARIE-CAROLINE; LES FRANCS MAÇONS. — GUERRE DE IA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE SUR LES ALPES; MOUVEMENTS INSURRECTIONNELS DES ITALIENS (1192-1796). — BONAPARTE EN ITALIE; MONTENOTTE, LODI, CASTIC.LIONE ; RÉPUBLIQUES TRANSPADANE ET CISPADANE 1 17911). — ARCOLE, RIVOLI, PAIX DE CAMPO-FORMIO ; LA RÉPUBLIQUE LIGURIENNE ET LA REPUBLIQUE CISALPINE; CHUTE IIE VENISE (1197). — RÉPUBLIQUES ROMAINE, PAR- THÉNOPÉENNE ET TOSCANE; CH RUES-EMMANUEL 11 CHASSÉ HU PIÉMONT; LA PÉNINSULE RÉPUBLICAINE (1798). — RAPIDE DESTRUCTION DIS REPUBLIQUES ITALIENNES PAR I.IS ANCIENS SOUVERAINS; REACTIONS SANGLANTES i .1799). — MARF.NGO; TRA11É HE LUNEVILLE; PIE VII I T FERDINAND RESTAURÉS; LES RÉPUBLIQUES CISALPINE ET LIGURIENNE RETABLIES ( I 800-1 802 . — LE ROYAUME D’il AUE; NAPLES, LA TOSCANE, LUCQUES, GUASTALLA, DONNÉS A DUS PARENTS DE l.’EMPEHF.UR; ITALIE NAPOLÉONIENNE (1802-1808), — LE GOUVERNEMENT TEMPOREL DU SAINT-SIÈGE AI10LI; APOGEE DE LA PUISSANCE IMPÉRIALE EN ITALIE; LF. ROI DE ROME (1808-1812). — REVERS DE NAPO- LÉON; DISCORDES DES ITALIENS, D’EUGÈNE ET HE JOACHIM; OCCASION D'IN- DEPENDANCE perdue; RESTAURATION (1812-1816).
1/Itulic faillie et divisée; le* souverain* et leu peuples; François et VIarle-< arollne; les francs-maçons.
Squarcia le vesti dell’ obhrobrio ; al crlne L’clmo ripnni, al son l’usbergo, clestali Dal lungo sonno, c suite vetic Alpine Alla difesa cd ai trionfi apprcstati.
« Déchire les vêtements de l’opprobre, prends le casque, endosse la cuirasse, et, réveillée d’un long sommeil, cours sur les Alpes à la défense et aux triomphes. » Ces vers, qu’écri-
I. Voy. Botta, Storia d'italia dal 1789 al 1814; Mémoires de Napoléon, par Mnnlholon.
l’jtalie républicaine. 487
vàit Fantoni dans une ode à l’Italie à la fin du xvur siècle, recevaient de la révolution française un à-propos terrible et saisissant. Le grand débat entre la nation et la royauté de France, qui allait s’élever en Europe à la hauteur d’une lutte de la liberté contre l’absolutisme , devait poser encore une fois en Italie l’éternelle question entre l’indépendance nationale et l’oppression étrangère. Tous les principes sur lesquels reposait l’équilibre intérieur et extérieur des Etats allaient être ébranlés. Des temps venaient pour la péninsule où l’énergie, l’union et la sagesse étaient de mise.
Malheureusement l'Italie n’était guère préparée à se tenir à la hauteur des grands événements qui se préparaient.
La nation ne pouvait rien par elle-même. Une chose lui manquait, nous l’avons vu, après trois siècles de servitude, le caractère et 1 esprit public. Dans les hautes classes de la société, c’était encore avec raison que le poète Parini flagellait la vie oisive et galante de l’aristocratie italienne. Le nombre des nobles que le comte Paul Verri rassemblait dans sa société connue sous le nom de II Caffè , centre des idées et des doctrines nouvelles, n’était pas très-considérable. L’éducation publique de la bourgeoisie était un peu plus avancée. Encore le philosophe Beccaria se plaignait-il quo , « dans une ville de cent vingt mille âmes il y eût à peine vingt mille personnes désireuses de s’instruire et disposées à sacrifier à la vérité et à la vertu. » Dans les campagnes l’ignorance était générale, l’indifférence et l’abjection complètes. Les massés avaient été rebelles même aux réformes tentées par les souverains.
Excepté dans les royaumes de Sardaigne et de Naples, l’esprit et les habitudes militaires ne se rencontraient pas davantage dans la péninsule. Les souverains avaient craint de donner des armes à la nation. La république de Venise, en face des fortifications et de l’arsenal que l’Autriche faisait construire dans le port de Trieste, n’entretenait plus qu’une douzaine de bâtiments de guerre en mer et vingt toujours en chantier. Sauf la digue de marbre des Murrazzi, ouvrage tout de défense, elle n’entreprenait rien. Deux mille hommes de troupes étrangères formaient toute sa défense. Gènes,