‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 265 sur 347 · L’ITALIE REPUBLICAINE · texte numérisé non relu

L’ITALIE REPUBLICAINE

talban, Villefrancbe et Oneille. Au midi de l’Italie, quand l'amiral Latouche vint avec une flotte française se ranger devant Naples, les francs-maçons saluèrent avec transport l’étendard de la liberté, se mirent en rapport avec les Français, et transformèrent les loges en clubs. Ferdinand fut obligé de promettre la neutralité et de reconnaître le gouvernement français. Le décret de la Convention qui réunit à la fin de l’année la Savoie et le comté de Nice à la France , punit Victor-Amédée de son initiative, en lui enlevant la partie de ses États qui lui était la moins dévouée.

Dès le début de la guerre , les maîtres de l’Italie purent se convaincre qu’ils n’auraient pas seulement contre eux les Français. L’empereur François fit descendre des Alpes dans la vallée du Pô de nouvelles troupes pour contenir le Milanais et appuyer Victor-Amédée 11. Marie-Caroline, à l’intérieur, institua contre les francs-maçons une junte de conspiration , qui dressa des échafauds ; au dehors elle demanda une flotte anglaise dans la Méditerranée, et s’engagea à envoyer dans la haute Italie six mille hommes; le pape en fit autant. Il y avait une partie de la population, la plus ignorante , sur laquelle les princes pouvaient encore compter : ils n’épargnèreftt rien pour la tourner contre toutes les idées françaises et contre les classes éclairées qui les partageaient. Le caractère terrible des événements qui s’accomplissaient alors en France, en 1793, prêtait à des accusations intéressées. Elles portèrent leur fruit à Rome au commencement de cette année. L’ambassadeur français Basville qui voulait arborer à son hôtel les armes de la république, fut assailli et assassiné par la populace romaine, au mépris du droit des gens. Les Corses, qui étaient à peine rattachés à la France, se soulevèrent aussi à l’instigation de l’Autçiche et de l’Angleterre sous Pascal Paoli.

Toute l'Italie cependant ne suivit pas. Le grand-duc de Toscane, le premier, par son ambassadeur Carletti, reconnut la république française. Les deux républiques de Venise et de Gènes, sollicitées d’un côte par l’Autriche et l’Angleterre contre la France, de l'autre par des citoyens ardents partisans des idées nouvelles , gardèrent strictement la neu-

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