‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 268 sur 347 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Avant de rejeter les Autrichiens au delà des Alpes, Bonaparte acheva d’embraser la péninsule. 11 entra à Bologne, qu’il déclara libre et républicaine, et poussa sur Livourne, occupée par une flotte anglaise , une division qui s’empara des propriétés anglaises et occupa les forts. Cet encouragement suffit. Dans le duché de Modène, Reggio la première se déclara indépendante et envoya des députés à Milan pour commencer à fonder avec les Transpadans l’unité italique; Massa et Carrara, la Lunigiane, suivirent son exemple; Modène enfin entraînée par les patriotes, prononça la déchéance du duc ; et Ferrare se détacha des États de l’Église pour se joindre à Bologne. Les deux souverains du midi et du centre durent céder devant cette redoutable propagande : ils demandèrent la paix. Ferdinand retira ses troupes de la coalition et ferma ses ports aux Anglais; le pape obtint un armistice en cédant Bologne, Ferrare, la citadelle d’Ancône , vingt et un millions , cent tableaux et cinq cents manuscrits.

Bonaparte sûr du midi de l’Italie, put recevoir l’Autrichien Wurmser qui descendit par l’Adige au mois de juillet avec soixante mille hommes. En quelques semaines il le rejeta au delà de F Adige , par les batailles de Lonato et de Castiglione, le coupa du Tyrol, le mit en déroute à Bassano près de la Brenta, et le força à s’enfermer en désespéré avec les débris de son armée dans la citadelle de Mantoue. On pouvait déjà songer à organiser la liberté en Italie.

Le général français institua à Milan un consiglio di slato en attendant l’établissement d’une république transpadane , et mit sur pied une légion lombarde de trois mille cinq cents hommes qui fut mise sous le commandement de Lahos. En deçà du Pô , sur sa recommandation , les députés des quatre villes de Bologne, Ferrare, Modène et Reggio, proclamèrent leur union dans la lépublique cispadane et pour première mesure de sûreté, décrétèrent aussi la formation d’une légion italienne de trois mille hommes. Victor-Amédée, menacé de perdre la Sardaigne , fut obligé d’accorder aux habitants la convocation régulière des cortès et la nomination de nationaux à toutes les charges de l’État. Son succès-

l’italie républicaine. 497

seur Charles- Emmanuel II , monté sur le trône à la fin même de cette année si féconde en événements , se rattacha sans arrière-pensée à la politique française. La Corse attaquée du port de Livourne, fut arrachée aux Anglais; enfin Gènes, jusque-là dans une neutralité douteuse, embrassa ouvertement, sous la menace des Anglais, le parti de la France, lui donna deux millions et lui en prêta autant jusqu’à la paix générale.

Arcole , Rivoli , poli de Compo-Fornilo ; la république ligurienne et la république clNalplue ; chute de Venlwe (*»•?;.

Un dernier effort de l’Autriche empêcha le pape et Venise de suivre l’exemple général , et ce fut pour leur malheur. Le général Alvinzi, à la fin de 1796, descendit par le Frioul pour délivrer Wurmser; Bonaparte, malgré l’infériorité du nombre et la position la plus critique , le repoussa d’abord à Arcole (15-17 nov.), puis le battit complètement à Rivoli (14 janvier 1797), rejeta les débris autrichiens au delà de la Piave, et reçut la capitulation du brave Wurmser dans Mantoue.

Pendant que Bonaparte poussait son avant-garde sur les Alpes juliennes pour aller chercher la paix dans Vienne, il fit attaquer derrière lui les deux États qui lui résistaient encore.

Victor, à la tête d’une division , descendit au centre de l’Italie; trois légions de l’infanterie lombarde, trois de la cispadane en faisaient partie ; pour la première fois le parti de la révolution et celui de la tradition italienne se trouvèrent aux prises sur les bords du Senio. Les soldats du pape ne tinrent pas un instant, Victor traversa la Ilomagne, s’empara d’Ancône et arriva jusqu’à Tolentino où la cour pontificale demanda la paix, au prix de trente millions, de l’abandon de Bologne, de Ferrare, d’Ancône et de la Romagne (19 février).

Dans les États de Venise les partisans des Français se rendent maîtres des villes de Bergaine, Brescia et Crème sur les provéditeurs et y proclament la liberté. Mais le sénat retrouve quelque énergie en face de ses sujets révoltés; il

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