‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 270 sur 347 · I. 'ITALIE RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

I. 'ITALIE RÉPUBLICAINE

Une réforme du gouvernement qui eût rajeuni la république , et quelques sacrifices , n’eussent pas été un grand mal pour Venise. Malgré quelques bruits alarmants répandus sur les propositions secrètes des préliminaires de Léoben, les Vénitiens espéraient en être quittes à ce prix. A Gènes, une émeute qui éclata en mai contre l’aristocratie ayant été fortement réprimée, le représentant de France Faypoult, et Bonaparte, prirent parti pour les vaincus, partisans de la France; mais ils en tirèrent seulement l’occasion de réformer la république de Gènes et non de la détruire. L’ancien gouvernement fut aboli, la noblesse privée de ses privilèges, le livre d’or brûlé. Une constitution nouvelle , s’appliquant à tous les habitants du territoire génois, conféra à deux conseils le pouvoir législatif , à un doge et à un sénat de douze membres le pouvoir exécutif de la nouvelle république, qui prit le nom de ligurienne.

La conduite de Bonaparte à Milan inspira encore plus de confiance à Venise. Le général français n’avait cessé de rappeler aux amis de l’indépendance de l’Italie . que leurs discordes d’autrefois avaient fait tout leur malheur, qu’il fallait s’armer et s’unir. 11 lit alors davantage : il engagea les Cis— padans et les Transpadans à se fondre en une seule république dite cisalpine, et promit d’y adjoindre encore les pays de Mantoue, Bergame, Brescia et Crème, de sorte qu’elle eût l’Adige pour limite et quatre millions d’habitants sous sa protection. Les députés et les gardes nationales des différentes villes du nord célébrèrent dans le lazaret de Milan la fédération des peuples italiens. Une constitution modelée sur celle que la France avait alors , avec deux conseils législatifs et un directoire de cinq membres , fut adoptée par la nouvelle république. Bonaparte nomma lui-même les cinq directeurs : Serbelloni, Alessandri, Moscati, Paradisi, Costabili , et les aida à organiser l’administration , l’armée et les finances.

Faire aussi du territoire de Venise une république sur le même modèle était le vœu du Directoire, l’ordre enjoint à Bonaparte. Le vainqueur ne remplit pas les vues de son gouvernement : le traité de Campo-Formio (17 octobre) fit

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