‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 274 sur 347 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

stitutions républicaines couvraient la péninsule ; il n’y eut pas jusqu’à la république de Lucques qui n’eùt alors sa petite révolution : elle substitua à son gouvernement aristocratique une forme républicaine toute française. Le Directoire croyait avoir atteint son but.

Hapldc destruction des républiques Italiennes par les anciens souverains: réactions sanglantes (1399).

Cependant l’Italie n’était pas tout entière , corps et âme , avec la France, à la veille d’une lutte solennelle. Elle n’en portait tout au plus que les trois couleurs. La révolution n’était faite qu’à la surface. L’aristocratie et les paysans protestaient contre le nouvel état de choses et tournaient les yeux vers les anciens souverains ; les institutions nouvelles ne se soutenaient qu’avec l’appui déjà suspect et redouté de l’étranger qu’on avait d’abord accueilli.

Le gouvernement provisoire de la république parthénopéenne, sous l’inspiration de Championnet, avait pris d’abord d’heureuses résolutions. L’abolition des fidéicommis, des biens communaux, des juridictions baronniales, corvées, dîmes, etc., lui avait mérité l’approbation de la bourgeoisie et des villes , sinon celle de la noblesse et des campagnes ; mais bientôt l’établissement d’une taxe de guerre, l’éloignement de l’ancienne armée et des hommes d’armes des barons, fit bientôt assez de mécontents dans la bourgeoisie et dans les milices. Championnet fut obligé d’ordonner le désarmement général du pays conquis. La discorde des vainqueurs , le renvoi du commissaire Faypoult par Championnet, la destitution de Championnet et son remplacement par Macdonald , les exactions des soldats français difficilement réprimées , achevèrent de dépopulariser le nouvel établissement républicain, et encouragèrent des résistances qui n'avaient pas d’abord osé se montrer. Les prédications du cardinal Ruffo dans les Calabres suffirent pour grouper autour de lui sa célèbre armée de la sainte-foi. Des brigands dans la terre de Labour, dans les Abruzzes, entre autres le célèbre Fra-Diavolo, réunirent les bandits avec les paysans, et soulevèrent toutes les campagnes cont"e les Français et contre les républicains. *

l’italik républicaine. 505

À Rome , après le départ des troupes de Ferdinand , on était parvenu à établir un gouvernement républicain régulier; mais les Romains chargés du gouvernement se montraient bien neufs dans les fonctions politiques , le peuple avait encore peu de respect pour une loi qui ne lui paraissait point entourée du prestige de la foi. Des émeutes éclataient à Civita Yecchia, à Subiaco, le brigandage s’organisait dans les Apennins.

Ainsi dans le midi de l’Italie la masse de la nation confondait dans une même haine les institutions républicaines et la domination étrangère.

Au nord on distinguait', mais cela n’était pas plus favorable à l’union, plus que jamais nécessaire alors, de la France et de l’Italie.

La république française avait pesé un peu lourdement sur sa fille aînée , la république cisalpine. Les ambassadeurs français qui s’y succédèrent, Trouvé, Fouché et Joubert, faisant les maîtres là où ils ne devaient être que protecteurs, avaient trois fois changé la forme du gouvernement républicain, et ne pouvaient réprimer les excès des agents, commissaires ou fournisseurs, qui s’enrichissant aux dépens des Français et des Italiens, rendaient les protecteurs odieux t aux protégés. Aussi , en face des ennemis de la liberté* nationale qui regrettaient encore le joug de l’Autriche , et des partisans quand même de la France, il s’était formé un parti nouveau dit italien. Ses chefs étaient Pino, Lahoz, Teullié et Rirague ; ses soldats se recrutaient dans la Société des rayons. Son but était de rester affranchi de l’Autriche, mais sans dépendre des Français, et d’assurer l’indépendance de l’Italie par l’union des classes, sous la protection d’un patrieiat républicain, et par la coopération de tous les États de la péninsule réunie contre tout étranger. Idée patriotique sans doute, que le passé justifiait, et qui pouvait être féconde pour l’avenir, mais que les circonstances présentes rendaient complètement inopportune.

Les alliés eurent/beau jeu au milieu de ces divisions et en l’absence de Bonaparte, alors en Égypte. En 1799, l'Autrichien K ray cl le Russe Souvurov . eurent qu’à paraître sur

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