‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 281 sur 347 · I. 'ITALIE NAPOLÉONIENNE · texte numérisé non relu

I. 'ITALIE NAPOLÉONIENNE

la mer Adriatique et pouvait faire respecter le pavillon italien sur toutes ses côtes. Le royaume de Naples se trouvait enfin rattaché au nouveau système politique de l’Italie. Ce pays, de routine despotique et féodale, commença à jouir, d’un gouvernement, sinon libre, au moins rationnel et régulier. Les juridictions et les privilèges féodaux furent suppri- * més , les tidéicommis annulés , un grand nombre de couvents fermés; le code Napoléon devint la loi du pays et remplaça ces législations multiples et informes, restes de la barbarie. La même uniformité fut établie dans les finances; les corvées, services , droits, prélèvements, taxes de toutes sortes qui multipliaient le poids de l’impôt, cédèrent la place à un impôt foncier unique et sans exemptions; enfin on organisa l’instruction publique; Naples s’embellit, une voie s’ouvrit conduisant de la rue de Tolède à Capo di Monte et les rues furent éclairées.

Dans les différents séjours que fit Napoléon en Italie en 1807 et 1808, on ne peut le nier, il s’occupa avec intérêt et activité du bien-être général de la péninsule. 11 assura les commifhîcations des Italiens au delà des monts par les magnifiques routes qu’il fit ouvrir à travers le Simplon, le mont Cenis , le mont Genèvre et le col de Tende. Il s’efforça de relever l’esprit militaire par l’établissement de la conscription, de hâter la fusion des peuples en les soumettant à une même administration, aux mêmes lois, au même système de finances, en réunissant des recrues des différentes provinces dans les mêmes bataillons. Il rendit l’activité à Gènes déjà réorganisée par Lebrun en lui commandant des vaisseaux.

Napoléon usa cependant aussi de sa puissance sans ménagement pour les susceptibilités de l’Italie. Les souverains y furent à sa dévotion. Eugène, par devoir autant que par dévouement, était son premier serviteur. Le roi de Naples, Joseph, s’était pris d’affection pour son nouveau royaume et voulait y rester ; mais Napoléon avait besoin de lui en Espagne, il le remplaça, en 1808, par Joachim Murat. 11 disposa enfin de l’Italie comme de sa conquête et la partagea entre ses parents ou la prit pour lui-même. Parme et

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