‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 320 sur 347 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Doria sur les républicains, et leur permit de s’embarquer. Le 20 avril, le général napolitain Filangieri, après la dénonciation de l’armistice au parlement sicilien, parFerdinand 11, apparut en vue de Taormina au pied de l’Etna, et s’en empara le A. Le 12, à Florence, le gonfalonier Ubaldino Peruzzi , encouragé par les mouvements des Autrichiens sur Pontremoli et Fivizzano, se mit à la tête de la garde civique et reprit le pouvoir au nom du grand-duc et de la constitution. Mais Mazzini, arrivé à Rome depuis le 6 mars, était entré dans le triumvirat le 29, jour où la défaite de Novare avait été apprise à Rome. Nouveau Rienzi, mêlant les passions du tribun avec les élans du mystique, il pensait sauver tout en évoquant, dans la ville éternelle , Dieu et le peuple, sur les ruines du gouvernement et de l’Église. Il croyait venu au milieu de tous ces désastres, le règne qu’il avait si longtemps rêvé. « Italiens, frères, disait-il, le Piémont trahi, Gènes tombée, la Toscane agitée par les tentatives d’une réaction coupable, la vie, la véritable vie italienne se concentre dans Rome. Que Rome soit le cœur de l’Italie. Quelle accomplisse des actions dignes de ses pères. C’est de Rome que par la force de l’exemple, la vie doit refluer aux membres épars de la grande famille italienne. Le nom de Rome, de la Rome du peuple, la Rome républicaine, sera béni en Italie, et pour longtemps glorieux en Europe. » Après la guerre royale il annonçait la guerre républicaine et proclamait la levée en masse.

Les armées catholiques de l’Europe marchaient déjà contre lui. Les Autrichiens s’établissaient à Parme et à Modène pour marcher bientôt sur Bologne ; une armée napolitaine se rassemblait sur le Garigliano. La souveraine de l’Espagne armait dans ses ports. Le 25 avril enfin, le général français Oudinot débarqua «avec sept mille hommes à Civita Vecchia. Que venait faire au juste cette nouvelle armée? on ne le savait trop encore. Le gouvernement français avait dit récemment, par l’organe de M. Odilon Barrot, « qu’il n’entrait pas dans sa pensée d’imposer à l’Italie un gouvernement, ni celui de la république , ni un autre. Son seul but était de se trouver présent aux événements dans le double intérêt de

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l’influence française et de la liberté qui pourrait courir des dangers. » Le général Oudinot proclama lui-même, en prenant possession de Civita Yecchia, <« qu’il ne venait point imposer aux populations un gouvernement qui serait opposé à leurs vœux. » Les Romains ne savaient que penser. Ils croyaient l’assemblée française plutôt favorable qu’hostile et avaient élevé à la présidence de l’assemblée Charles Bonaparte, prince de Canino, dans l’espoir de flatter le président de la république française. Ils s’abritaient sous un article de notre constitution de 1848, qu’ils affichaient sur la route de Rome. Après quelques pourparlers assez aigres, le général Oudinot déclara qu’il avait ordre d’entrer dans Rome, se mit en marche le 28 , et arriva devant la ville le 29.

Rome divisée inégalement du nord au sud par le Tibre, offrait à l’armée française sa partie occidentale , appelée Transtévère, entourée de vieux murs, presque tous datant du moyen âge, assez forts, mais sans fossés et sans glacis. Cette ligne de muraille forme vers le nord-ouest un angle assez prononcé qui renferme l’église Saint-Pierre et le jardin du Vatican; elle est percée de quatre portes principales du nord au sud* Àngelica , Cavaliggere, San Pancracio et Portesi. Le 30 avril, au matin, la petite armée française s’avança en trois colonnes , musique en tête , vers les portes Angelica, Portesi et San Pancracio pour faire une reconnaissance ou surprendre la ville. Elle n’éfait guère alors forte que de huit mille hommes. La garnison de Rome , composée de sept régiments romains de ligne, de deux bataillons lombards, des légions de Rome, de Bologne, du Piémont, des corps de Garibaldi et des Polonais , montait à peu près à trente mille hommes. Garibaldi , posté avec sa légion au village Sant’Antonio , tenta de faire un accueil fraternel aux soldats français, pour les gagner ou les attirer, puis battit en retraite en tiraillant. Les chasseurs et un bataillon du 20' se précipitèrent au pas de course sur les hauteurs de San Pancracio. Ils furent reçus par un feu rasant de la villa Panfili ; au milieu du désordre, Garibaldi se retourna, et isola une partie des hommes du 20' qui furent entraînés dans la ville. Les deux autres attaques lurent aussi inutiles. Oudi-

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