‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 38 sur 347 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

contre l’empire d’Orient et avait été tué par ses soldats (619). Sous Isaac eut lieu une révolte des Romains (633); sous Olympius enfin recommencèrent , en 649 , les querelles de Rome et de Constantinople qui devaient finir par un schisme.

Dans le royaume lombard, Adelwald, privé des conseils de sa mère, compromit son œuvre par ses préférences exagérées pour les orthodoxes et les Romains. Àriowald, duc de Turin, époux de Gundeberge, sœur du roi, fit déposer celui-ci , comme atteint de folie, lui donna un poison lent et prit son trône (625). Des malheurs domestiques furent la punition de ce crime. Accusée d’avoir accordé ses faveurs au duc de Frioul Tasso, Gundeberge fut enfermée au fort de Lomello jusqu’à ce que son champion, dans un duel judiciaire, eût prouvé son innocence parla mort de son accusateur. Ariowald, peu satisfait de ce jugement de Dieu, fit massacrer en trahison Tasso et le propre frère de la reine. La paix ne se rétablit que par la mort d’Ariowald (636).

Bègue de Rotliari»; constitution et législation des Lombards; la royauté; les ducs; les gaslndes (0.16-059).

Gundeberge, renouvelant l’exemple de sa mère, accorda sa main et la couronne de fer à Rotharis , duc de Brescia f636). Celui-ci renferma strictement dans les occupations intérieures du palais une femme qui avait l’ambition de Théodelinde sans en avoir les qualités, et reprit le cours interrompu des victoires et de l’organisation lombardes. Les divisions, tous les jours plus graves au sein de l’exarchat, excitaient l’ambition d’un roi qui d’ailleurs était arien. L’exarque Isaac refusait de reconnaître le pape Séverin successeur d’Honorius , faisait piller le trésor de Saint-Jean de Latran par le cartulaire de l’Église romaine Maurice , et se voyait obligé ensuite de comprimer une révolte suscitée par son complice. Rotharis s’empara sans peine de la ville et des côtes de Gènes, de la Lunigiana et de tout le littoral de l’ouest, depuis les frontières du royaume de Burgundie jusqu’à la Toscane; 11 soumit encore, à l’orient Trévise, au centre Pérouse.

les lombards; l’exarchat de ravenne, etc. 67

Mais l’œuvre la plus importante de son règne fut la promulgation des coutumes et usages de la nation , rédigés par les grands dans différentes réunions tenues à Pavie, et ratifiés en assemblée solennelle comme corps de droit en 644 par le peuple fidèle et l'armée fortunée des Lombards. Législation territoriale et non personnelle comme les autres lois barbares, s’imposant à tous les anciens habitants compris comme les Lombards sous le nom de sujets du roi , et ne faisant exception que pour quelques villes qui tenaient de leur capitulation une position à part , le code lombard offre encore bien des traits particuliers qui éclairent l’état social de l’Italie, de la population conquérante et de la population vaincue à cette époque.

La première loi de Rotharis prononce la peine de mort non-seulement contre ceux qui attentent à la vie du roi , mais contre ceux qui prendront même les armes sans permission dans la résidence royale : des six premiers rois lombards, quatre avaient péri de mort violente. Chez les Lombards, le roi représente la nation; son autorité n'y est limitée que par les grandes assemblées de Pavie, qui traitent les questions de paix et de guerre et discutent les lois. Il commande les armées, promulgue les décrets et rend Injustice. La paix publique est mise sous sa protection; il prononce la peine de mort contre les traîtres, les transfuges et les rebelles, à moins qu’il ne leur permette de racheter leur vie au prix de neuf cents sous d’or. Une partie de l’amende prononcée contre les coupables lui appartient. Il a de plus la tutelle , ou mundium , des femmes et enfants privés de leurs tuteurs naturels ou mundwald , la possession des terrains et des esclaves sans maître, l’héritage des affranchis morts sans enfants, et la moitié de celui des hommes libres qui ne laissent que des filles ou des enfants naturels. La royauté s’appuie sur la propriété.

Une cour véritable ( curtis regia) relève l’éclat de la puissance royale. Le maréchal ( marpahis ) , le chambellan , le majordome en sont les premiers serviteurs. Us sont à la tête de ces gasindes , c’est-à-dire de ces fidèles du roi, attachés à sa fortune, à son service, et à ce titre en possession

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