‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 39 sur 347 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de certains privilèges; ils surveillent les comtes envoyés dans les domaines du roi, les gastaldes et les sculdahis chargés de commander et de juger les Lombards et les Romains, et de lever les impôts royaux.

Au-dessous des rois viennent les ducs résidant chacun au centre d’une grande ville comme le roi dans Pavie, exerçant aussi dans leur duché la puissance militaire et judidiaire. Ils ne forment point une noblesse de naissance ayant des droits particuliers, mais ils sont par le rang, la dignité, la puissance les premiers des Lombards après le roi. Dans une monarchie, où l’hérédité est l’exception au lieu d’être la règle , les rois tiennent leur pouvoir de leur choix ou au moins de leur approbation. Par là ils jouissent d’une plus grande indépendance et se rapprochent plus du duc ou chef national allemand, que du comte franc, magistrat véritable de la royauté mérovingienne. Le duché cependant ne peut être ni partagé ni transmis par eux à des héritiers. Les hommes libres choisissent , et le roi institue le nouveau duc. Position précaire qui rapproche, sous ce rapport-, le duc lombard du comte franc. Chaque duc a une petite cour dans son duché , et des gastaldes et des sculdahis qui lui sont subordonnés.

Les gasindes royaux ou ducaux forment ensuite la classe la plus élevée des Lombards par leur importance et leur richesse. L’offense , commise envers eux , se rachète par une amende assez considérable. Mais leur droit de propriété est aussi soumis à des restrictions. Le donateur roi ou duc se réserve un droit d’héritage sur les biens qu’il donne aux gasindes en cas qu’ils meurent sans enfants. Bien plus , ceux-ci ne peuvent acquérir de propriétés libres sans la permission spéciale du donateur. La propriété, comme on voit, n’a pas encore de base fixe entre les mains mêmes des conquérants.

Lm homnipv 11 h rem ; le iiiimiliiiin ; le» altlle»; le» eaelave».

Les hommes libres, mansnadieri ou exercitale. s, forment le fond du peuple et de l’armée des Langobards. Ils doivent tous le service militaire. Seuls ils sont admis

les lombards; l’exarchat de ravenne, etc. G9

dans l’armée. L’homme libre est maître dans sa maison , qui se compose des membres de sa famille, de ses serviteurs et de ses esclaves. 11 a sur eux tous le droit de tutelle ou mundium. Mais lui , il est amund, c’est-à-dire sans patron. Les femmes lombardes libres ne peuvent jamais jouir de cet état. Filles, elles sont sous le mundium du père, ou à défaut du père, sous celui de l’oncle ou du frère légitime ; femmes, sous le mundium. du mari; veuves, sous celui du plus proche héritier de leur mari, ou en rendant à celui-ci la moitié de leur dot, sous le mundium de leurs parents consanguins. Le jeune Lombard, pour contracter mariage avec une fille libre, est obligé de payer au père la meta ou prix du mundium , sans préjudice du morgengab ou don du lendemain.

La puissance du mundwald est grande sur les femmes et les filles, moindre sur les mâles. Il peut tuer sa femme surprise en adultère, tuer sa fille ou la vendre comme esclave hors du royaume, si elle s’est abaissée jusqu’à un esclave. Mais il ne peut, du vivant même de ses fds, transmettre ses biens à un autre, à moins qu’il n'ait été frappé par eux ou qu’ils ne l’aient déshonoré dans leur belle-mère. Les filles, moins heureuses, ne succèdent même point à tout l’héritage du père à défaut d’héritiers mâles; elles n’ont droit qu’à la moitié et le roi recueille le reste. La femme est encore tenue dans un état d’infériorité et d’inégalité très-grande comme chez tous les peuples barbares.

Le Lombard libre est en outre sur la terre d’Italie, comme le mundwald, le protecteur et le maître de tous les anciens habitants : colons ou esclaves qui lui ont été donnés en partage dans ses domaines , gens d’industrie et de métier qui lui sont échus, avec le butin des villes. Le code de Rotharis trace une séparation nette entre le mundwald et ceux qui lui sont soumis , et qui prennent , selon leur degré de servitude, le nom d ’aldies, ou celui d’esclaves.

Les aldies sont au-dessus de ces derniers ; ils jouissent d’une certaine liberté, mais ils restent toujours sous la puissance du mundwald, dont ils sont comme les affranchis ou les fils adoptifs. Ils possèdent, mais à la condition d’une re-

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