CHAPITRE IV
devance ou de services; ils peuvent transmettre leur héritage ; mais s’ils meurent sans enfants, le mundwald reprend ses droits. Le mariage peut avoir lieu entre les personnes de condition libre et les aldies ; mais, dans ce cas, les enfants suivent la condition du père, et non celle du conjoint de la classe la plus élevée.
Les esclaves sont dans une position bien plus misérable. Ils ne sont pas libres de leur personne. Ils ne possèdent rien en propre. La loi ne reconnaît point de mariage entre eux et les personnes libres. La femme libre qui se marie avec un esclave expose celui-ci à la peine de mort, et ellemême à être tuée ou vendue par ses parents. Le Lombard libre qui a commerce avec une esclave, paye une amendé à son maître, si elle ne lui appartient pas, et ses enfants restent la possession du maître de l’esclave. Le Lombard libre peut cependant élever une esclave au rang d’épouse , en la dotant comme d’une seconde naissance ( widerboran ) par le grand affranchissement.
L’esclave a la perspective de l’affranchissement , dans lequel on distingue deux degrés. Le plus haut degré confère seul la liberté entière , et fait cesser toute espèce de mundium , sauf celui du mari sur la femme. Le second confère la condition mitoyenne d ’aldie. Cette coutume de l’affranchissement, la plus humaine du code lombard, est la seule voie laissée à la fusion des Lombards et des Romains, à l’adoucissement du conquérant et à l’amélioration du sort des vaincus. C’est par là que s’opéra le mélange des populations, de leurs coutumes et de leurs lois, et que s’établit cette plus grande égalité , si visible dans les édits des rois postérieurs.
Le code de Rotharis n’en est pas encore là. L’échelle de la composition ou whergeld qui existait chez les Lombards , comme chez tous les Germains, pour racheter les offenses et mettre un terme aux querelles qu’entraînait la vengeance du sang versé, constate la plus profonde inégalité des classes et des personnes. Ce whergeld dû, comme on sait, à l’offensé ou à son héritier, s’il était libre, au mundwald de l’affranchi et au maître de l’esclave, s’élève pour le meurtre d’un Lom-