‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 41 sur 347 · LES LOMBARDS; L’EXARCHAT DE RAVBNNE , ETC · texte numérisé non relu

LES LOMBARDS; L’EXARCHAT DE RAVBNNE , ETC

Imrd libre jusqu’à neuf cents sous; pour celui d’une femme libre jusqu’à six cents; il va ensuite en diminuant à travers les différents degrés des aldies, jusqu’au dernier degré de l’esclavage. Par exemple, l’insulte faite à une Lombarde libre est passible d’une amende de cinq cents sous. Les coups donnés à une esclave, même enceinte, jusqu’à la faire avorter, sont rachetés par une amende de trois sous. L’adultère entre personnes lombardes libres n’admet point de whergeld. La mort est la seule punition de l’homme et de la femme adultères. Mais l’homme libre en commettant le môme crime avec une aldie, n’encourt qu’une peine de quarante sous, et avec une esclave, de vingt sous seulement. L’échelle du whergeld payé au maître pour le meurtre de l’esclave , montre les degrés mêmes de la servitude. 11 faut payer au maître cinquante sous pour les esclaves attachés au service delà maison, sous le nom de servi ministérielles; l’esclave des champs, servus rusticunus , n’est estimé qu’à vingt sous.

Les formes de la justice rendue pim les ducs, gastaldes et autres, assistés ordinairement d’échevins , les moyens de connaître la vérité : serments des cojurateurs, épreuves par l’eau et le feu , duel judiciaire , ne présentent rien chez les Lombards qui les distingue des coutumes des autres peuples barbares.

Rodoald (659) ; la dynastie bavaroise « Arlpert I (653); usurpation de Cirlmoald (663); Pcrtharlt (631).

C’était beaucoup que la société lombarde eût assez conscience d’elle-même pour se donner des lois. La fougue des passions était cependant encore trop grande chez ce peuple, pour qu’elles fussent sévèrement gardées et assurassent la paix à l’Italie, à défaut de la prospérité qu’un tel régime ne pouvait lui donner. On en eut une première preuve par la mort du successeur de Rotharis , Rodoald , mis à mort par un mari outragé qui du même coup accomplissait et violait la loi lombarde (653).

La postérité de Théodelinde était éteinte. Les Lombards, pour ne point sortir de sa famille, élurent un de ses neveux, Aripert, tils de Gundwald, qui était venu s’établir en Italie

CHAHTllK IV.

en même temps que la célèbre reine. Une dynastie d’origine toute bavaroise occupa le trône lombard. Elle ne fut pas plus heureuse que celle d’Alboin et de Théodelinde.

Attaché au catholicisme , le nouveau roi favorisa le clergé orthodoxe, lui bâtit de nouvelles églises et , suivant la tradition de Théodelinde , entretint de bons rapports avec Rome. C’était le moment où l’empereur Constant 11, possédé, comme la plupart de ses prédécesseurs, de la manie des disputes théologiques , venait de promulguer le type ou formulaire, édit suspect d’hérésie monothélique ; le saint-siège, dans un concile convoqué à Saint-Jean de Latran, la mère des églises (649), fut assez heureux pour trouver contre la doctrine impériale l’appui des évêques lombards eux-mêmes. Lorsque Constant, pour se venger de cet échec théologique, lit enlever de Rome , par l’exarque Calliopas , le vénérable pape Martin , et l’envoya mourir en exil à Cherson (653), le catholique Aripert, loin de profiter des malheurs de la papauté, restitua au successeur de Martin tous les domaines de l’Église de Rome dans les Alpes cottiennes , par un acte écrit en lettres d’or, selon le bibliothécaire Anastase.

Mais Aripert mourut en 661 ; et le partage de son royaume entre ses deux fils, Pertharit et Gundepert, compromit l’avenir de la nouvelle dynastie. Gundepert à Pavie , Pertharit à Milan, troublaient le royaume de leurs querelles ; les deux plus puissants ducs, Garibald, duc de Turin, et Grimoald, duc de Bénévent, se réunirent contre eux. Gundepert fut , assassiné dans son palais à Pavie.; Pertharit se déroba, au même sort en s’enfuyant chez les Avares. Le duc de Bénévent recueillit seul les fruits de la révolte, grâce à la mort de Garibald, assassiné par un parent de Gundepert, dans l’église même de Saint-Jean , à Pavie (662). Il lui suffit de prendre la main d’une petite-nièce de Théodelinde, sœur de Gundepert, pour se faire reconnaître ; il fut un des plus énergiques d’entre les rois lombards.

L’exemple de son usurpation avait encouragé les ducs à l’indépendance et menaçait l’unité du royaume. U les contint, après de sanglantes luttes. L’ancien roi Pertharit, qui avait obtenu la permission de vivre en simple homme libre

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