I.e roi Bernard et le pape Étienne IV (S1I-S18J
Après la mort prématurée de Pépin en 811, Bernard, son fils et son successeur parut suivre les traditions de son père. Mais la mort de Charlemagne en 814, et l’avénement à l’empire dq faible Louis le Débonnaire, changèrent la situation de l’Italie.
Arrachée à l’anarchie lombarde et restaurée par les Francs , l’Italie pouvait concevoir l’espérance de se détacher de l’empire et de former un état indépendant sous un petit-fils de Charlemagne. Adalhard et Wala, conseillers de Bernard, firent aisément accepter ce projet au jeune roi. L’œuvre de Charlemagne , malgré la mollesse de son successeur, ne pouvait cependant tomber tout d'un- coup. Louis le Débonnaire força Bernard à lui prêter serment de fidélité. II lui retira ses conseillers et fit sévèrement surveiller sa con-
duite. La répression que Bernard exerça contre deux nouvelles émeutes romaines, sous Léon III, fut trouvée par l’empereur la première fois trop cruelle et la seconde trop indulgente. Le saint-siège d’ailleurs ne parut pas vouloir se séparer de l’empire. Tout en acceptant la consécration pontificale, sans attendre le consentement de Louis (816), le pape Étienne IV s’empressa de faire prêter par les Romains serment de fidélité à l’Empereur, et scella de nouveau la soumission de l’Italie aux Francs et l’alliance du sacerdoce et de l’empire, en venant couronner lui-même à Reims le tils de Charlemagne. La papauté avait tout intérêt au maintien de l’empire; il assurait son autorité temporelle sur Rome, spirituelle sur tout l’Occident, tandis que l’élévation d’un royaume national sur les ruines de l’empire menaçait l’une et l’autre.
Le fameux décret impérial de la diète d’Aix-la-Chapelle, 817, qui, du vivant de Louis le Débonnaire, partageait l’empire entre ses fils, associait l’aîné Lothaire au pouvoir suprême et lui donnait l’expectative de l’Italie, après la mort de son père, vint bientôt condamner Bernard à une déchéance à jour fixe et l'Italie à descendre d’un degré dans la servitude. L’évêque de Vérone, le comte de Brescia, l'archevêque de Milan, Anselme, d’autres prélats et grands seigneurs, encouragèrent Bernard à la résistance. Le petittîls de Charlemagne, se faisant roi national , rassembla des troupes et occupa les passages des Alpes. Mais les Italiens, à l approche de l’armée impériale, ne le soutinrent pas. Bernard , obligé de se confier à la clémence de Louis le Débonnaire , subit un affreux supplice à la suite duquel il mourut ; les principaux conseillers du roi furent punis; les prélats, chassés de leur siège et les seigneurs décapités (818).
1,'empercnr Eothaire; les papes Pascal 1er, Eugène II et Grégoire lï(»»8>M3;.
Louis le Débonnaire gouverna trois ans 1 Italie sans y mettre le pied et y envoya, en 821, son fils aîné Lothaire. L’orgueil de la péninsule fut au moins satisfait de voir deux ans après Lothaire couronné empereur. Elle obéissait , mais elle était,