CHAPITRE V
rival du pape, le plus puissant des personnages ecclésiastiques de ce temps , empêcha les seigneurs et évêques de la Lombardie de se rendre à la diète qui devait l’élire. Boson fut obligé de se consoler, en faisant ériger ses domaines de France en royaume de Bourgogne.
A la mort de Carloman, même rivalité. Jean VIII voulait réunir les évêques italiens dans un concile à Rome pour diriger l’élection. Ansperto, dévoué à la cour de Germanie, prétendit que le titre de roi d’Italie étant distinct de celui d’empereur, si le pape avait droit sur le second, l’archevêque de Milan avait seul droit sur le premier. Charles le Gros, roi de Souabe, appuya bientôt ces paroles d’une armée et se fit couronner roi à Pavie. Le pape exaspéré songea un instant à reconnaître Photius pour invoquer la protection de l’empereur d’Orient. Attaqué au midi par les Sarrasins, qui avaient même fait alliance avec les ducs de Naples et de Capoue, cerné de tous côtés, il consentit enfin à proclamer et à sa~ crer empereur à Rome le protégé d’Ansperto, Charles le Gros (881).
Mais le pape, les ducs, les évêques, après une semblable anarchie, ne livraient plus qu’une autorité ruinée à un souverain étranger. En vain Charles le Gros réunit à, 1 Italie la Germanie, la France, et fut un instant reconnu souverain de toutes les contrées qui avaient obéi à Charlemagne , la péninsule ne lui fut pas plus soumise que le reste de l’empire. Il fut aussi impuissant à la défendre contre les Sarrasins, que la France contre les Northmans et la Germanie contre les Slaves. L’empire mourut entre ses mains, et les Italiens, honteux d’une impuissance qu’ils avaient faite, déposèrent, à l’exemple des autres peuples, le dernier descendant de celui qui avait détruit le royaume lombard et soumis la papauté.
« Ce que l’Italie a souffert, depuis la mort de Charlemagne, disait la sentence de déposition rédigée par les comtes et les prélats réunis en diète, aucune langue ne le saurait dire. » Ce n’était rien encore auprès de ce que les Italiens n’eurent bientôt à reprocher qu’à eux-mêmes.
TROISIÈME PÉRIODE. i?
ESSAI D’üNE ROYAUTÉ NATIONALE (888-950).