CHAPITRE VI
offerte (926). Les deux tiers de la péninsule dépendirent alors de deux femmes hardies et impudiques, et de leurs créatures. Marozie, soutenue parGuido son époux, jalouse de toute autorité rivale à Rome, fit égorger d’abord le frère du’pape Jean X, Pietro, puis jeta le pape lui-même dans une prison , où il mourut, et lui donna pour successeur, sous le nom de Jean XI, le fils qu’elle avait eu, suivant les uns de Sergius, suivant d’autres de son premier époux, Albéric. Hugues, maître du nord, appuyé par Hermengarde qui se gardait de lui rien refuser, dépouilla les comtes italiens, les évêques même, en faveur de Bourguignons dont il espérait une plus grande dépendance, ou même de ses bâtards qu’il fallait pourvoir. Il ne manquait plus à l’Italie que de devoir l’unité aux mêmes intrigues qui lui avaient donné de si indignes maîtres.
Hermengarde avait favorisé l’élévation d’un personnage qui la surpassait en ambition et en perfidie. Hugues, au lieu d’acquitter la dette de la reconnaissance, conçut le projet il épouser Marozie après la mort du dernier époux de celleci, Guido, duc de Toscane, et de gagner ainsi le duché de Toscane, Rome et la couronne impériale, dont Marozie disposait en maîtresse, c’est-à-dire presque toute lTtalie. Mais d fallait se débarrasser de Lambert, frère de Guido, qui réclamait la Toscane, et de l’ambitieuse Hermengarde. Hugues ne craignit pas de déshonorer sa mère; il jeta des doutes sur la naissance de Guido dont Marozie était veuve, de Lambert, duc de Toscane, et d’Hermengarde, qui avait tant fait pour l’élever au trône, tous trois issus du second mariage de Berthc avec Adalbert. Lambert défendit en vain son honneur et la Toscane qui y était attachée, dans l’épreuve du combat où il terrassa le champion qui lui fut opposé. Hugues le ht prendre et, priver de la vue, donna la Toscane à Boson, une fie ses créatures , relégua Hermengarde loin de la cour, el pousa Marozie, sa belle-sœur, dans la capitale de la chrétienté < 932).
Le xc siècle °.s( par excellence celui de l’anarchie politique K morale, mais nul pays n’y fut témoin de ce que virent alors l’Italie el le Vatican.
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Bévoltc de Rome contre nuroiic ; décadence de la royauté ooun Kugucci (OSt-Oté).
La couronne impériale et la royauté d'Italie allaient être le prix du crime et de l’inceste. L’excès de la honte souleva enfin les Romains contre ce gouvernement de prostituées, la ville de Rome avait toujours conservé les formes d’une république, depuis qu’elle avait secoué le joug des empereurs d’Orient. Ce n’était que grâce d’abord à l’autorité de leur caractère , puis à leurs possessions territoriales inféodées aussi à des vassaux , que les papes y étaient devenus tout-puissants. Après les vicissitudes qui avaient fait tomber la papauté si bas * les Romains ne conservant plus aucun respect pour elle, commençaient à désirer quelque chose de plus réel qu’une apparente liberté.
Leroi Hugues, en frappant au visage le fils de Marozie, Albéric, pour lui avoir renversé l’aiguière sur les mains, leur donna l’occasion et le chef qu’ils cherchaient. Albéric, furieux de cet outrage, se mit à leur tête et assiégea sa mère Marozie et son nouvel époux dans le château Saint-Ange. Hugues s’évada par une fenêtre au moyen d’une corde; Marozie perdit, avec le château, l’autorité dont elle avait fait un si scandaleux usage. Les Romains se virent débarrassés à la fois du joug d’une femme, de celui d’un pape indigne et d’un roi étranger. Albéric y substitua , il est vrai , le sien ou celui des barons romains dont il était chef, en se faisant décorer du titre de consul ; mais il donna au moins à Rome l’apparence d’une satisfaction.
Après cet échec, Hugues déshonora par sa faiblesse, ses désordres et ses crimes la royauté italienne, déjà si compromise. Rodolphe de bourgogne, en menaçant encore de lui disputer l’Italie, obtint de lui son royaume de Provence au delà des Alpes, de telle sorte que les deux Bourgognes ne formèrent plus qu’un seul État, dès 934. Dans le royaume qui lui restait, toutes les dignités furent prodiguées à ses créatures et aux membres de sa famille, aux dépens des na tionaux qu’il soupçonnait d’appeler l'étranger* Manassès, sujet bourguignon, qui lui était dévoué, devint évêque de