‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 14 sur 114 · XV. Différentes interpr^^tations de noms propres · texte numérisé non relu

XV. Différentes interpr^^tations de noms propres

C'est surtout , comme II est aisé de concevoir , et comme je l'ai déjà montré, c'est surtout lorsqu'il s'agit de noms propres , que les méprises sont faciles.

Jesbaam , fils d'Achamonî , un des braves de David • ,

» Débora en hébreu Hlint» le mot "I3t signifie parler, à qnoî répond phémonoé en grec, de ^pvif&i, parler. Daphné, de icfç , et ^val, lumière, flambeau.

* Lib. a« Reg. d3. 8. Hscc nomÎBa forttam David ;. sedens in cathedra sapientissimus princeps inter très , ipse est (juasi tenejrrimas ligni yermiculus, qui octingentos interfecit impetu uno.

1. Pâraîip. 11. 11. Et iste'namerus robnstorum David : Jesbaam fîlius Hachamoni prioceps iotcr triginU z iofte levavithasUm sudm super trccentos vulncratos unâ vice.

a. Reg. a3. 8. Tavra ri ovo^a7a Tcï» ^vva7wi» tov Aavti. I «^o^al o ;fairâva7oç, ae(d;(6)v tow xpiTov ( àvToç ) içiit. A^tiV^v o A9à)va?o$, lire oxToaoo-tov; '^aup.aîtaç ciaairaÇ.

1. Paralipom. ii. ii. Ka) bZ^oç o otpc^ftVç «réSy ^vva7wy tov Aocvc'^. I tfioùttt- vcQ( A.;(;oefMivl wptaloloxôç tSv tpcbcxovla. Ovlo^ C9iranra7o «qx poj/k— ^pâuav (xuîovt (XT^a^ ciri ipiax&otou; tpa\>|Aa7ta$ Iv tuuf^ cvt»

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dont le nom se trouve dans tes Paralipomènes, nVst-ii pas traduit dans la Yulgate , au se^nd livre des Rois t Sedens in cathedra sapientissùnu^ , assis dans la chaire comme lui honime très -«âge ? de sorte qu^on ne voit pas dans cet endroit j quel est le premier des trois- bravei» de David qui y sont annoncés.

Cest probablement que le traducteur a pris le com« mencement du nom de Jesbaam , qui s'éerit ' en hébreu ixbdm , pour ixh , être assis ; et Hachamoni » , en hé-^ breuec'Amum, comme du raoléchm , qui signifie sage*

Il seroit trop long d^examiner toutes les autres diifé-^ rences qui se trouvent, soit entre les versions, soit entre les textes même des Boîset des Paralîpomènes. 11 me suffit d^observer qu'il y en a d'assez marquées»

Dans le premier livre des Paralîpomènes ^ , le nom d'Elchanan fils de Jaïr, est traduit, Adeodatus JiUus Saltiis , Dieu donné , fils du bois. La version grecque , édition de Grabe , porte , Eleananjils de Jaeir.

Dans le même livre des Paralîpomènes *, chapitre quatrième , verset vingt-deuxième , les noms hébreux sont conservés dans la version grecque, et traduits eii latin dans la Yulgate.

Suivant le grec , « et Joacîm , et les hommes de Cou zeba , et Joas , et Sàraph , qui demeurèrent dans le » pays de Hoab. v

Suivant le latin ^ , « et celui qui arrêta le soleil , et

' Oy3V^ ixbàm y Jefbaam , yo^ sedit.

^'OlODH échmani, QDH sapiens.

' Lib. 1. Paralip. ao. 5. Adeodalus iilius salttts. é^ltay^y vtVç

^ Paralip» 4* ^s* Ka^ I uaxcipi , xcù avSptç x'^K'^i^^ > ^^^ I a>^ | xaï laeÀf^ ôi xaTwxvxray iv MwàtS. xoà àirnçpiy^tv àw7ovç A.MSrip\ft., à^ovxcS/A.

* Et qui stare fecit rolem , virique meadacii , et sccurus J et incendens, qui principes fuerunt in Moab, et qui reversi suntin Lahem : hsc autem verba cetera.-

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p les hommes de mensonge , et le certain, et le bru-. » lant , qui commandèrent dans Moab. »

La difFérence des traductions de la fin de ce yerset , à laquelle je ne m'arrête point , est encore bien remarquable.

On voit donc que les versions les plus autorisées ne s'accordent pas toujours, à la vérité sur des points, qui n'intéressent ni le dogme , ni la morale ; on y trouve des différences assez marquées pour prouver la difficulté de traduii^e certains endroits du texte hébreu; et des étrangers , surtout des païens , ont pu souvent s'y méprendre.

XYI. Réponse èune objection.

Qu'on n'en infère pas cependant que l'Ecriture est inintelligible , ou qu'il y a trop de difficultés pour espérer de pouvoir jamais s'assurer du vrai sens.

ic II y en a sans doute , dit M. Bossuet ' , qui n'y se-

» roient pas , si le livre étolt moins ancien H y &

» les difficultés que fait un long temps , lorsque les lieux M ont changé de nom ou d'état ; lorsque les dates sont i> oubliées ; lorsque les généalogies ne sont plus con- » nues , qu'il n'y a plus de remède aux fs^utes qu'une » copie tant soit peu négligée introduit si aisément en » de telles choses ; ou que des faits échappés à la mé- » moire des hommes, laissent de l'obscurité dans quel- » que partie de l'histoire. Mais enfin cette obscurité » est*elle dans la suite même , ou dans le fond de laf- » faire ? Nullement : tout y est suivi , et ce qui reste M d'obscur lie sert qu'à faire voir dans les livres saints » une antiquité plus vénérable. »

C'est en effet cette vénérable antiquité que démon-

■ Disc, sut THist. uniTers.^ 9.* partie, chap. aS.

PRÉLIMIKAIRES. 4^

treront de plus en plus, les rapprochements que je ferai de plusieurs anciennes histoires profanes. On verra qu'il faut que les premiers livrés de l'Ecriture , ceux de Moïse en particulier, soient bien antérieurs à tous les auteurs païens qui nous restent; puisque les plus anciens de ceux-ci , non-seulement Hérodote entre les historiens , mais entre lés poètes , Homère et Hésiode , n'ont écrit qu'à la suite de traductions ou d'extraits altérés des livres saints , déjà connus des Grecs et des Egyptiens ; puisqu'on peut reconnoître en bien des endroits de ces auteurs, le fond et même la siiite de plu^ sieurs faits de l'Histoire Sainte, quoique défigurés.; qu'on y en retrouve quelquefois jusqu'aux tours et aux expressions , et que, d'un autre côté , les altérations et les changements prouvent que ces extraits avoient déjà passé par plusieurs mains , avant que d'ari'iver jusqu'à eux. On reconnoîtra en même tems l'effet particuliei* de la Providence , qui chez une nation d'ailleurs peu considérable , nous a conservé THistoire Sainte si sïiivie et si pure , pendant que d'autres peuples ^ qui en ont eu quelque communication , l'ont si étrangement altérée et défigurée. Mais reprenons.

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