V. PHÉRON
Phéron , c'est le nom qu'Hérodote lui donne ; ou , comme Diodore lappelle, Sésoosis second, fils et successeur du grand Sésostris, n'a pas un règne aussi éclatant que son père , dans l'histoire d'Egypte. Il lui vient un XOlbI aux yeux , eu punition d'un crime ; il perd la vue , et en est privé durant plusieurs années ; l'ayant recou-^ yrée , il condamne des femmes adultères à être brûlées. Voilà l'essentiel de ce quÏÏérodote et Diodore s'accordent à en dire.
C'est qu'en effet l'Ecriture s'étend beaucoup moins .sur la vie de Juda que sur celle de Jacob son père. Dans Je seul chapitre qui regarde Juda en particulier , il est .dit *, qu'il eut des fils mauvais aux yeux du Seigneur, et qui furent punis de leurs crimes. On voit d'où les .Egyptiens ont pris le mal aux yeux de leur prétendu roi Phéron. L'aîné des fils de Juda s'appeloit Her •,, nom approchant du mot hébreu qui signifie aveugle. On voit pourquoi Phéron devient aveugle.
Juda condamna Thamar, sa bru, à être brûlée»
comme coupable d'adultère ^. Dans ce trait, on nepeut
» Gènes* 38, Irad. de Sanctès-Pagnîn , y. 7* Et erat prîmogenitus Jehudah malus in oculis Domini*.; Et dispticuit in oculis Domini quod fecit ( Onan ).••
■ '^y Her; liy cœcus.
^ V. a4* Nuntiaverunt , Judn dicentes : Fomicata est Thamar nurus tua.*. Dixitque Jadas : Producita eam ut comburatur.
DE L'hISTOIRB D*ÉGyPTE. 117
méconnoitre les femmes adultères que Phéron condamne à être brûlées. ,
Les Egyptiens attjribuoient cependant à Phéron d'ar voir fait élever des obélisques, Je crois qu'on peut i*aisonnablement douter que ce fût ce roi Phéron. Peutr étre le confondoient-ils avec quelque Pharaon , dont ils ne savoient plus la vraie histoire. Ne connoissant plus assez les vrais auteurs de leurs anciens monuments, il falloit bien qu'ils en fissent honneur^ quelque»-un$ des rois qu'ils s'étoient formés sur ce que dit VE-* criture.
Quant au nom de Phéron , qui ressemble assez à celui de Pharaon , il convient à Juda , si le nom de Pharaon signifie pasteur, comme le dit le père Giraudeau dans son Dictionnaire hébreu ». Il est certain que phm se trouve dans les rabbins • , pour dire pasteur ; et le nom de Sésoosis second , que Diodore donne à ce roi , a la même signification, puisque -«Se^o^, comme je l'ai prouvé , signifioit le pasteur, en langue Egyptienne.
Ces deux noms conviennent donc également à Juda , qui fut pasteur comme Jacob , et même , après lur, le chef des pasteurs Israélites.
Si Juda ne fait pas ici un personnage des plus mémorables , il en fera plusieurs dans la mythologie grecque. Il deviendrai son tour un grand conquérant; plusieurs saints Pères l'ont entrevu . Un,très-grand emp ire le revendiquera aussi pour son fondateur ; mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler. Sans sortir de l'histoire d'Egypte,' Juda se retrouve.ra encore , du moins dans quelqu<es traits.
■ Praxis lingase sacrée, f^oy, nplâ Pharao , à Hyi Paator r et 3 qui a.'gyptiacè est articulus.
' Buxtorf. Leuc. Eabbin. f^ojr» 710 gubernare; pascere.
Il8 RAPPROCHEMENT GÉIBÉHAL
On doit surtout ^'attendre à voir paroitre Joseph , qui eut tant d'éclat en Egypte , et quî y fut comme le maitre. Il va, eu effet, remplir plusieui*s règnes mé^ morables , sans compter ceux dont il ne nous reste que les noms.
On Ta déjà reconnu sous le nom du phénix quî embaume son père ; nom qui vient de celui de psontom phanec. Gomme les Egyptiens lui ont fait prendre bien des formes , nous allons le retrouver sous le nom d'un personnage fameux par ses métamorphoses , qui étoit aussi , suivant quelques auteurs , fils de Phœnicé , fille de Phinix..