XIII. DOUZE ROIS A LA FOIS
Hérodote ne place ces douze rois qu'après le roi S^ thon , contemporain de Sennachérib , roi des Assyriens ; mais Diodore les met après Sabacon , ou Sabacos , dans qui nous venons de reconnoitre le sage Salomon.
L'arrangement de Diodore est plus juste , quoique celui d'Hérodote ne soit pas non plus sans raison. C'est , comme on le verra , que les Egyptiens n'ayant rien à extraire de l'Ecriture dans l'intervalle , ont confondu le schisme des dix tribus après la mort de Salomon , avec la dispersion de ces tribus par les rois d'Assyrie. C'est encore un vide ou une lacune de plus de deux siècles dans l'histoire d'Egypte , parce que l'Histoire Sainte n'a rien fourni aux Egyptiens.
Après la mort de Salomon , et même de son vivant , Jéroboam , qui enleva dix des douze tribus ^ fut lié avec le roi d'Egypte. H s'étoit réfugié auprès de lui. Sesach , roi d'Egypte , vint en Judée du temps de Roboam 9 fils et successeur de Salomon , et le rendit tributaire. Ce sont des faits relatifs aux Egyptiens , que ceux-ci n'ont pas manqué d'extraire ^ mais qu'ils ont un peu défigurés , à leur ordinaire. Voyons d'abord leui*s prétendus douze rois , qui régnent à la fois.
l5o RAPPROCHEMENT GÉNÉRAiL
Douze des principaux seigneurs d'Egypte , suivant •Hérodote et Diôdore, s'étant ligués ensemble, partagèrent le royaume en douze parties , et convinrent de gouverner chacun la sienne avec une égale autorité» Ils redoutoient un oracle, qui avoit prédit que celui d'entr'eux qui feroit des libations avec une coupe dairain , seroit le maître de toute l'Egypte.
On peut se rappeler que Salomon (qui, sous différents titres , vient de nous donner les rois Asychis , Anysis et Sabacos), étant devenu infidèle au Seigneur, fut menacé du partage de son royaume , qui étoit alors composé de douze tribus*
Ce sont ces douze tribus qui font ici l'Egypte divisée en douze parties , et gouvernée par douze rois*
Un prophète ayant rencontré Jéroboam, déchira ^ous ses yeux son manteau en douze morceaux , et lui dit d'en prendre dix , pour lui marquer qu'il auroit dix des douze tribus. Ce pi*ophète est devenu le grand*prétre des Egyptiens , qui distribuoit douze coupes aux douze rois , pour faire des libations en commun.
11 en devoit rester une partie à la maison de David. Comme Dud , nom de David , lu sans points , signifie aussi vase d'airain ' , les interprètes égyptiens en ont fait une coupe d'airain , qui étoit redoutée des douze rois, parce que Jéroboam craignit aussi que les tribus qu'il avoit séparées ne retournassent à la maison de David. Comme le nom de Dud ou David se trouve souvent dans cet endroit de FEcriture, aussi l'airain revient- il plusieurs fois dans cet endroit de l'histoire d'Egypte , et sous différentes foi*mes.
' *1^*t Dayid; ahenum, lebe».
DS li'ulSTOI&E I>'i6YPTS, i5i