‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 47 sur 114 · XIV. PSAMMITIQUE · texte numérisé non relu

XIV. PSAMMITIQUE

Psammîtlqne , Tun des douze rola» fit sa libation avec ua vase d'aîraîa ; îl fut confiné par se^ collègues dans un coin de l'Egypte ; mais il trouva moyen de s^en tirer avec le secours d'hommes d'airain , et de déposséder les autres roîs.

Jérob.oam , qui s'étoit réfugié en Egypte ^ en revint ^près la mort de Salomon ; il se mit à la tête de dix tribus , et les enleva à Roboam , héritier de la. maison de Dud , ou David.

On a déjà vu DiAiI , ou David , changé en vase d*aira i n . Comme ce nom revient souvent , diversement accompagné , les Egyptiens, comme on voit , nous donnent aussi de Tairain sous différentes formes,

Ils ont de plus confondu, à cause de la ressemblance des noms , Roboam et Jéroboam. Il est aisé de concevoir comment avec cela ils ont embrouillé et défiguré toute l'histoire , en attribuant tout au seul roî Psammltique.

Ce nom de Psammltique , originairement Psammuthis, comme on le trouva dans Manéthon, où il fait plusieurs rois , est l'indication même du partage ou du schisme des tribus.

Ps signifie en hébreu * partie coupée , séparée ; et amuth • signifie tribus; en sorte que ce nom signifie la séparation ou le schisme des tribus.

Comme amuth signifie aussi mères , les Egyptiens ont aussi transporté à leur Psammuthis, ou Psammitique, le célèbre jugement de Salomon entre deux mères, au sujet de leurs enfants. C'est le trait de Psam-

' 03 pars' desecta.

* n^QU natiooesi^ tribui, matrc's.

l5a nAPPROCHEMEWT GÉNÉRAL

mitique, qui fit élever en particulier deux enfants, sans leur apprendre à parler , pour voir quelle langue ils parleroient d'eux-mêmes. Le mot heccos , qu'ils prononcèrent d'abord , suivant Hérodote , est pris de l'Ecriture même, où les deux mères répètent souvent béiqiy héiqche ', dans mon sein, dans son sein; mais je ne fais ici que l'indiquer, je l'expliquerai dans le détail. La piiilosophie du siècle , qui a imité ce prétendu essai de Psammitique par d'autres plus criminels , peut toujours voir sur quoi ce conte est fondé.

Une bévue encore plus surprenante de la part des Egyptiens , c'est qu'ils n'aient pas reconnu âésacb , vrai l'oi d'Egypte , auprès duquel Jéroboam s'étoit réfugié ^ et qui vint ensuite piller Jérusalem , sous le règne de Roboam , et enleva les trésors du temple*

Ils en ont fait les Scythes , appelés anciennement Sa* ques , comme Hérodote lui-même nous l'apprend. Us ont pris la lettre iS*, qui est au commencement du nom de Sésach , pour un article , comme elle l'est dans celui de Sésoosis, ou Sésostris; et Sésacb est devenu les Saques, ou Scytbes.

Dieu permit l'invasion de Sésach et le pillage du temple , en punition d'un vice infâme qui s'étoit introduit parmi son peuple.

Hérodote fait de ce vice une maladie des Scythes^ dans le même genre , de laquelle ils furent atteints pour avoir pillé un temple de Palestine.

Je puis observer en passant , que l'invasion de Scythes en Médie , est de même une altération de l'invasion d'un roi de Babylone , ville appelée aussi Sésac dans l'Écriture. Ce nom a encore été pris pour celui des Saques ou Scythes.

' rtp^nS f ^P'Hd in siau n^co , in sinu auo. S. Reg. 3. ao.

DE l'histoire d'Egypte. i55

Ces Scythes , suivant HérodoCe, furent à la fin enivrés et massacrés par les Mèdes* C'est que le prophète , qui présente à plusieurs rois la coupe de la colère du Sei^eur, finit par dire que le roi de Sésac doit lui* même en boire après eux. J'indique seulement ici l'altération , afin qu'on ne m objecte pas l'histoire des Mèdes. Reprenons celle des Egyptiens.

Celle-ci attribue à Psammi tique d'avoir fait construire une salle ou un appartement pour le dieu Apis , que les Egyptiens adoroient sous la forme d'un bœuf. Leur idolâtrie n'est que trop certaine ; et Jéroboam eut aussi le malheur de l'imiter, en faisant adorer des veaux 'd'or. On voit de plus en plus, d'où est prise l'histoire de Psammitique; et comment Hérodote, quoi qu'il en dise, étoit encore mal infotmé depuis cette époque. C'est moins sa faute , après tout , que celle des Egyptiens , malinstruits eux-mêmes. On enverra de nouvelles preu« ves dans les règnes qui vont suivre.

D'ailleurs, comme le prétendu règne des douze rois et de Psammuthis , où Psammitique , est formé de ps amuth f ou du schisme et de la dispersion des tribus dTsraël confondus ensemble ; Hérodote a quelque raison de dire que depuis ce règne les Grecs étoient mieux instruits de l'histoire dont il s'agit ; parce que les tribus dispersées avoient pu répandre au loin la connoissance des principaux faits.

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