XVI. NÉCOS
Nécos , qui vainquît un roi de Syrie à Magdolum , suivant Hérodote, est déjà universellement reconnu des savants pour le roi d'Egypte Néchos , ou Néchao » qui vainquit à Mageddo Josias , l'oi de Juda.
La ville qu'il prit , nommée Cadytis , dans Hérodote, est , comme je Fai dit dans les observations préliminai* res , Jérusalem , surnommée Cadithak , ou la Sainte. Néchao y agit en effet en maître , puisqu'il y établit un roi de son choix , comme il est marqué dans 1 £criture.
Un trait moins l'econnoissable , c'est celui qu'Hérodote ajoute Y que Nécos envoya à l'oracle des Branchides de Milet, l'habit qu'il portoit dans cette expédition.
On ne devineroit guères que ce n'est que la ti'aduotion du nom de Garchamis , ville située sur l'Euphrate, dont Néchao s'empai^a. Les interprètes égyptiens auront pris ce nom, en hébreu chrchmùv, pour chrch , qui signifie une robe, un manteau, et en lisant mal, ils auront pris Mix pour Milet , ou Hérodote , qui étoit du pays , lui en aura fait présent.
Aussi Plutarque accuse-t-il Hérodote d'avoir mis en Grèce bien des choses qui n'y avoient jamais été ; il va même jusqu'à lui repi'ocher de s'être faussement donné pour Ionien.
Plutarque a trop suivi sa mauvaise humeur conti^ Hérodote ; mais il ne faut pas non plus prendre pour bon tout ce que dit le père de l'histoii'C , sans au(^me exception.
DB LHISTOIRB D ÉGTPTE. iSj
XVn. PSAMMIS.
Psammis , successeur de Nécos , suivant Hérodote ^ (carDiodore ne le nomme point) , eut un règne fort court ; il ne dura que six ans. Psammis fit une expédition en Ethiopie ; ce fut à lui que les Grecs envoyèrent des députés pour avoir Tapprobation des Egyptiens sur ce qu'ils avoient réglé par rapport aux jeux olympiques, établis en Fhonneur de Jupiter*
Yoilà un fait concernant la Grèce que je n'aurois pas pensé à révoquer en doute , si toute la suite de l'histoire d'Egypte » rapprochée de ce qu'en dit l'Ecriture , ne m'y avoit conduit.
Ou peut néanmoins observer que ^époque de l'éta* blissement des jeux olympiques, ou Vère des olympiades , remonte plus de sept cent soixante - dix ans avant l'ère chrétienne ; au lieu que Psanunis étant donné pour suc^ cesseur de Nécos , et conséquemment postérieur à la mort de Josias , roi de Juda, ne peut remonter qu'environ six cents ans avant notre ère. C'est déjà un fort préjugé contre l'ambassade des Grecs vers Psammis.
Je montrerai de plus i dans le détail , que tout ce règne de Psammis n'est qu une altération d'une prophétie concernant l'Egypte , où il est parlé de Jehova des combats , c'est-à-dire , du Dieu des combats. Les Egyptiens ou les Grecs l'auront entendu des combats ou jeux établis en l'honneur de Jov, ou Jupiter. Les anges ou envoyés ont ordre d'aller ; voilà Içs députés envoyés de Qrèce, Il est mention de la situation de l'Egypte au-delà des fleuves de Chus , que la Vulgate traduit Ethiopie. C'est l'expédition de Psammis en Ethiopie. On verra le reste dans le rapprochement détaillé* Pour le nom même de Psammis , il parott formé
l58 RAPPROCHEMEIÏT GÉNEKAL
d'une indication de ce que renferme la propliétîe. Elle annonce une défection du peuple d'Egypte ; dm signifie peuple , eips^ comme on l'a déjà vu, signifie scission, défection.