Expectavitque nihilominùs septem alîos dies
|3. Igitur sexcentesimo primo anno « primo mense , prima die mensis...
binant le» jours que TEcritui'e compte encore à diverses reprises , on trouve la valeur des deux autres mois , ce qui en fait douze , chacun de trente jours , depuis la six-centièm:e année de Noé jusqu'à la six-cent-unième, i -Voilà donc dans FEcriture , en parlant du déluge et de la thbc ou de larche de Noé , la division bien marquée de l'année en douze mois, et en douze mois composés chacun de trente jours. On voit sur quoi est fondée la prétention des boitants de Thèbes , d'avoir été les premiers à bien compter la durée de l'année. Ayant pris pour eux ce qui est dit de la thbe ou de l'arche de Noé , ils se sont aussi attribué l'invention d'un calcul qui se trouve pour la première fois dans FEcritui'e , à l'occasion de cette thbe*
Je sais que quelques commentateurs de FEcriture prenant pour bonne cette prétention des Thébains d'Egypte , ont pensé que Moïse qui a voit été élevé parmi les Egjrptiens, avoit bien pu apprendre d'eux ce calcul de Fannée , et FappUquer au récit du déluge. On voit combien ils ont eu tort de déférer tant au témoignage deFhîstoire d'Egypte; puisque c'est, au contraire , sur le récit de Moïse , qu'jest fondée la prétention des Egyptiens et des habitants de Thèbes en particulier. Moïse avoit d'autres lumières que celles qu'il avoit puisées chez les Egyptiens ; il avoit la tradition des saints patriarches " : il étoit éclairé de Dieu même , qui ayant formé les astres de manière à servir de signes et à réffle^ les temps , les jours et les années , en avoit sans doute donné au premier homme la connoissance qui lui étoit
' Gènes, i. i4) trad. de Sanctès-Pagnîn. Dixit etiam Deus t sint liimiuaria in expansione cœli , ut dividant diem' à noctc , et sunt in signai et tempora; et diei^ et annos.
nécessaire , coinme il lui en avoit appris la création même.
Comme le mot qui signifie signes , est athuth ou othot , les Egyptiens et les Phéniciens sur ce texte mal intei'prété , attribuoient à leur prétendu Atlioth ou Thoth , des inventions que j'expliquerai dans la suite.
Je ne parle point ici des épagomènes ou cinq jours que les Egyptiens ajoutoient.au bout de chaque année ^ pour la compléter, dès le temps d'Hérodote. J'aurai occasion d'en dire un mot ailleurs, ainsi que de la fable qu'ils contoient à ce sujet. Je ne prétends nullement qu ils niaient rien inventé; mas il faut se défier des époques que les auteurs profanes assignent à plusieurs inventions , dans les temps obscurs et fabuleux. Dieu avoit donné lui-même aux premiers hommes, surtout aux saints patriarches, bien des connoissances qui leur épar^ gnoient la peine de tâtonner. Il y ayoit dès-lors de bons agricultei^rs et de vrais philosophes. En voici quelques preuves, qu'on pourra reconnoitre malgré les altérations.
X. Menés apprend aux peuples à honorer les dieux et à leur faire
des sacriâces.
Tai semblé perdre de vue Menés , pour ne parler que de Thèbes et des Thébains. Mais on peut se rappeler que du temps de Menés, suivant l'histoire des Egyptiens , toute l'Egypte se réduisoit au nome ou pays de Thèbes ; comme Tempire de Noé , si je puis ainsi m'ex-^ primer , fut , durant le déluge , réduit à sa thbe ou à son arche. Ainsi , c'est dans le vrai donner l'histoire de tout l'empire de Menés , que de l'apporter ce que les Théb?iips racontoient de leui's commencements. On n'a pas laissé de voir déjà quelques traits qui regardent la
personne même de ce premier roî et qui prouvent que c'est Noé. En voici de nouveaux.
Dîodore ' après avoir dit que, « suivant les Egyp- » tiens, leur premier roi, du nombre des hommes, » fut Menas ; ajoute , qu'il apprit aux peuples à hono- » rer les dieux , età leur oflrir des sacrifices. »
On a déjà vu comment ce titre de premier roî convient à Noé ; ce que Diodore ajoute , lui convient encore davantage. Je puis faire observer en passant, que Diodore parle des peuples au pluriel • , quoique d'un autre côté le royaume de Menés , suivant les Egyptiens, fut réduit au canton de Thèbes. C'est encore un indice qu'il s'agit de Noé , qui en instruisant ses fils et ses petit-fils , instruisit équivalemment les peuples , puisque tous les peuples en descendent : mais ce que Mènes apprit aux peuples , désigne encore plus sensiblement Noé ; il leur enseigna et leur prescrivit d'bonoi'er la Divinité, et de lui oflrir des sacrifices. Ce fut en eflet la première attention de Noé au sortir de l'arche , de témoigner par-là sa vive reconnoîssance au Seigneur, qui l'avoit conservé seul avec sa famille , au milieu du désastre universel.
€i Noé , dit l'Ecriture ' , éleva un autel au Seigneur, » et prenant de toutes les espèces d'animaux et d'oi- » seaux purs , il en offrit des holocaustes sur cet » autel* »
' Diodor. 1. i • n. ^g» Mc/ât toÙç âtovç xotw» np^ov ipacrl Bocat^livo'au «9)ç Atyv^loM MnvSvi k«i italaêtT^cti xoTq laoTç ^tov^ ^ viStaOcit taà
• ToTç XaoTçh
' Gènes. 8* ao. AEdifiuavit autem Noê altare Domino : et tollens de cunctis peooribus et volacribuj mundis , obtulit holocau«Cft super aitare^
ao4 MÈNES.
. Il est à remarquer que c'est le premier autel dont il soît fait une mention expresse .dans FEcriture.
Noé est donc aisé à reconnoitre dans Menés , qui apprend aux peuples à honorer les dieux, et à leur offrir des sacrifices.
Que les Egyptiens parlent des dieux au pluriel; ce n'est qu'une expression conséquente au polythéisme qu ils avoieut adopté depuis long-temps , lorsqu'ils ont composé leur histoire.
Je puis néanmoins observer que les habitants du pays de Thèbes , au rapport de Plutarque ' , ne reconnoissoient aucun Dieu mortel ; ils adoi'oient le Dieu Cneph , qu'ils disoient n'avoir ni commencement ni fin.
J'ai déjà rendu raison du nom de Cneph , et j'ai obsei*vé en même temps que c'étoit chez les Egyptiens , le Dieu créateur.
Peut-être les habitants du pays de Thèbes s'étoientils d'autant moins écartés du culte de Noé , qu'ils s'en étoient plus approprié l'histoire, ou qu'ils s'étoient rapprochés de la religion des Hébreux en profitant de leurs livi'es.