‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 68 sur 114 · XI. Menés fut le premier législateur des Egyptiens · texte numérisé non relu

XI. Menés fut le premier législateur des Egyptiens

Diodore • en parlant des législateurs d'Egypte , dit , « qu'après l'ancienne manièi'e de vivre que les Egyp- » tiens disoient dans leur mythologie avoir été usitée

K Plntarch. de Iside et Osir., tom. II, p. 55g Tovç BinSatiat.

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* Diodor. 1. l , n. Sq. Mc7a yocp ryjy icaXatày tov xa7' Ac7uic7ov ^tov xa7a(ça9(v, TV}y {jiv6oXoyoup.tviQy ytyovévat i'ni xt xSv âtSv xat Tuy HpoM**, Tcervac ^acrt ^péi>7oy èLypa^nloiç yopot; ^pno<raujQaii rdc ^XiqOv) ^tovv x^y MvlwnVy av^pa %a\ tv) ^^xV P^V^^y *^'^ "^ B^<P xo{vo7a7oy ttSy p.yvifAoycvofuy«»v. irpoo-irotioO^yat êï àv7^ ^y £pp.^y êiêttwau tov7ovç , ttç fuyoukcoy àyoAS* ànliovç c90fA<you(.

» parmi eux sous le règne des dieux et des héros, Mnë- » vès , homme qui avoit Tàme grande , et qu^on van- » toit le plus pour les services qu^il avoit rendus à » Thumanité , fut le premier qui persuada à la multi- » tude de vivre suivant des ]ois , sans que ces lois fus> n sent encore écrites ; et qu'il feignit qu^Heimès les lui » avoit données , comme devant être extrêmement » avantageuses. »

On a vu que Mènes fat le premier homme qui régna : ce fut lui qui succéda aux dieux et aux demi-dieux , lesquels, suivant les Egyptiens , avoient régné auparavant* Menés étant Noé; Mnévès,qui succède comme lui , aux dieux et aux héros ou demi-dieux , doit pareillement être Noé ; et le nom , malgré la différence , qui d^ailleurs est. peu considérable , sert même ici à le prouver : car comme le nom de Menés vient de ' Mnée^ qui signifie repos , celui de Mnévès se forme aussi naturellement de Mnué^ qui signifie la même chose.

Noé peut en effet être regardé comme le premier législateur après le déluge. D'abord , en élevant un autel pour offrir des holocaustes au Seigneur, comme on l'a vu dans l'article précédent ; il donna un exemple qui dut être une loi pour ses descendants , à qui il recommanda sans doute de conserver la même pratique. De plus , il reçut des préceptes ou des commandements particuliers du Seigneur. L'Ecriture • fait une mention expresse de celui de s'abstenir du sang des animaux , en permettant d'en mander la chair ; permission qui se retrouve aussi dans le règne de Menés chez les Egyptiens, comme on le verra dans l'article suivant.

' rtrtDD qwies ; ni3D quies.

* Geocs. 9. 4* Excepto ; qu6d camcm cam sanguine non comçdetis.

ao6 MÉNàs.

Dieu lui fit cette défense', pour inspirer plus d'horreur de xépandre le sang des hommes mêmes ; pour détourner davantage ses premiers descendants d'une férocité à laquelle ils auroient pu se livrer , leur société étant moins nombreuse , et moins en état d'arrêter les violences de chaque particulier. Dieu rappela surtout à Noé * , que tous les hommes sont frères , que l'homme est fait à l'image de Dieu même ; idée noble et touchante , qui, bien approfondie, est plus efficace que toutes les leçons arides de nos philosophes modernes touchant l'humanité. D'après ces principes , les Egyptiens avoient raison de dire ' que Mnévès, c'està-dire Noé, avoit l'àme. grande, et qu^i^ avoit rendu les plus grands services à l'humanité.

Je pourrois ajouter plusieurs autres préceptes que Dieu fit à Noé, du moins suivant les traditions des Juifs , et que ses descendants purent s^ transmettre de père en fils« On les trouve recueillis dans les rabbins, et dans plusieurs interprètes de l'Ecriture, sous le titre de préceptes des Noachides. Gomme ces préceptes ^ s'é* toient surtout transmis par la tradition orale, les Egyptiens disoient aussi que les lois de Mnévès n'étoient point écrites.

Oa voit que Mnévès ou Menés est un personnage plus réel que ne l'a pensé M. Pluche * , en prétendant ique «la coutume où l'on étoit d'annoncer les divers » règlements de police , et les opérations de chaque

■ Gènes. 9. 5 De mana hominis ( text. hebr. }, et de manu yiii

ifratris cjus requiram animam hominis.

* Ibid. 6... Ad imaginem quippè Dei factas est homok

' Diodor. supra cit. Avjpa xoâ ^ ^^xf M*V«v> xa^ ^ ^*V xoiv^«1oy

^ Diodor. ibid. &ypair7ot$ vo^otç.

* Hifit% du ciel| tom. L P^oy, Menés et MnévU.

NOÉ. ao7

» saison , par les diverses aaitudes du fils d'Osiris, le » faisoit communément nommer Menés, cest-à'-dire, » la règle du peuple ou le législateur. Les £gj;ptiens, » ajoute- t-il, réalisant encore ce nouveau titre, se » mirent dans l'esprit que Menés avoit été leur légis- » lateur , Fauteur de leur police , l'instituteur de leur » année et de leurs lois. En conséquence ils mirent >» ce fondateur imaginaire à la tête de toutes les listes » des rois de leurs différents cantons. »

Ce fondateur, comme on le voit, n'est nullement imaginaire, puisque c'est le vrai père de tous les peuples, que tous ont eu droit de mettre à la tète des listes de leurs rois»

Que les païens, et les Egyptiens en particulier, aient souvent mal interprété les récits , qu41s aient fait quantité de bévues, cela est moins étonnant,, vu surtout qu'ils étôient tombés dans l'idolâtrie. Mais en général , lorsqu'une histoire a une certaine suite, qu on y voit des faits caractérisés , comme ceux que les Egyptiens nous présentent dans le règne de Menés ; il faut y reconnoître un fond vraiment historique , et ne pas réduire un personnage de cette espèce à une simple affiche , ou à un pur symbole. **

Un point où les Egyptiens ont personnifié un symbole , c'est lorsqu'ils ont dit que Mnévès supposa des lois données par Hermès. J'ai déjà indiqué d'où est formé leThoth, Atlioth, ou Hermès des Egyptiens. Je ne crois pas encore , comme M* Pluche , que ce nom vienne du mot Tayaut ' ^ qu'il suppose avoir signifié chien , dans la langue des Egyptiens , parce que « c'est encore celui que la vénerie conserve pour ani- » mer ou pour rappeler les chiens. »

• Hist. du ciel, tom. L Voy. Tayaut.

ao8 MÉNÈS^

J^ai déjà fait remarquer , dans les observations pré-* liminaires « que le mot ' athoth , en hébreu , signifie signes, et qu'il y a diflTérentes espèces de sigaes, des signes naturels , comme la fumée est un ,signe du feu ^ des signes artificiels , comme les lettres sont des signes des mots et des pensées ; des signes prodigieux , comme les miracles sont des signes d'une volonté particulière du Tout-Puîssant. Je montrerai par-là comment le Thoth ou Hermès des Egyptiens , est un composé de bien des parties , savoir de plusieurs signes dont l'Ecriture fait mention; surtout des signes ou prodiges de Moïse, opérés en Egypte, et des livres composés à'Othioth, ou de lettres *, dont il est Fauteur. Mais je parlerai de Thoth ou Athoth, dans un article à part, et j'y reviendrai à plusieurs reprises, soit dans cette histoire d'Egypte , soit dans les mythologies. On peut déjà entrevoir comment c'est un personnage en partie symbolique , en partie l'éel.

Pour m'en tenir ici à l'Hermès ou Thoth , de qui Mnévès , ou Menés disoit avoir l'eçu des lois , on peut voir que c'est le signe que Dieu donna à Noé , eu même temps qu'il lui donna des pi'éceptes ou des commandement». Il lui donna pour signe l'arc-en-ciel , en lui disant expressément ^ zath auth , voici le signe ; mais j'en parlerai dans le règne d'Athoth ou Athotis, que Manéthon et Eratosthène donnent pour fils et pour successeur immédiat de Méuès. Voyons auparavant les traits qui nqus restent de ce premier roi.

Quant aux autres législateurs que les Egyptiens se donnoient dans leur histoire formée, comme on le

* ninX signa.

' nVmN signa, Htterae.

^ Gènes. 9. la. 17. XWVf, Ï\)X\ hoc signum.

NOÉ. aog

voit, d'extraits de TEcrlture; Dlodore nomme Sasycliès, homme d'une intelligence supérieure, qui inventa la géométrie, et lit quantité dérèglements très-utiles. Je ferai voir que c'est Hyk sos , ou Sos liyk , le roi pasteur, Joseph ', fils de Jacob, qui gouverna l'Egypte. Hyk signifioit roi , et sos pasteur, chez les Egyptiens. • Sésosti'is est , comme on Ta déjà vu , et comme je le prouverai en détail , Jacob lui-même, père des Israélites , avec des traits de son fils Joseph.

' Bocchoris est un des rois formés de Moïse , comme je l'ai déjà indiqué.

Âmasis est Nabuchodonosor , dont la prétendue loi se retrouvera.

Suivons ce qui regarde Menés.

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