‹ HistoireChapitre 125 sur 134 · ÉVÉNEMENT DE DECEMBRE 18 51, A METZ · texte numérisé non relu

ÉVÉNEMENT DE DECEMBRE 18 51, A METZ

(Document copié sur l'original d'un officier d'artillerie en garnison à Metz le

2 décembre 1851, prcté par le général Le Flô à M. V. Hugo à Jersey, le dim;inche

3 octobre 1852. [Note placée en tête de cette déposition].)

Les nouvelles des événements du 2 décembre à Paris ne parvinrent à Metz que le 3 au matin. Un assez vif mécontentement se manifesta dans la garnison de cette ville. Les officiers des i" et 6'' régiments d'artillerie et ceux du 2" régiment du génie se réunirent pour se concerter sur le vote qu'ils étaient appelés à donner. Il fut résolu à la presque unanimité de protester et de voter négativement, les quelques dissidents conseillaient l'abstention tout en protestant.

Le soir, les chefs de corps reçurent du général de division l'ordre de faire lire dans les casernes la proclamation de Louis-Napoléon. Le colonel du 6' d'artillerie refusa d'obtempérer à cet ordre en motivant son refus sur l'illégalité et l'inconstitutionnalité de cette proclamation. Informé de ce refus, le général Marey avoua que l'acte était illégal, que la Constitution était violée, mais que néanmoins, comme il importait de ne point partager l'armée en deux camps, qu'on était sans nouvelles ultérieures de Paris, cette proclamation devait être provisoirement affichée dans les casernes. Ce nouvel ordre ne fut point exécuté dans le ô'' régiment d'artillerie j cependant l'agitation continuait parmi les corps d'officiers et dans la garnison.

Le 4 au matin , le bruit courut que le général de Lamoricière s'était évadé et se dirigeait sur Metz. Le même jour, les officiers d'artillerie s'assemblèrent pour fêter, selon l'usage, la Sainte-Barbe. Le repas fut triste et silencieux. A son issue le colonel du 6" prenant la parole proposa aux officiers réunis de résister à l'acte illégal du 2 décembres cette proposition fut accueillie avec enthousiasme par ceux présents. On convint de consulter à ce sujet les sous-officiers et soldats des deux régiments d'artillerie. Ceux-ci ayant répondu qu'ils étaient prêts à marcher, on s'aboucha avec les officiers du 2'' du génies ceux-ci, après avoir également consulté leurs sous-officiers et soldats et en avoir reçu une réponse favorable, déclarèrent adhérer au mouvement. On résolut alors de s'entendre avec les officiers des trois régiments d'infanterie en garnison dans U ville. La plupart se montrèrent favorables, quelques-uns montrèrent un peu d'hésitation j un petit nombre se montra hostile, il en fut de même du corps de

Page 1