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NATIONALE

avoir une seconde fois les honneurs de la juridiction militaire. Le procès sera jugé à Blida.

... Un transporté, M. de la Rivière, naguère interné à Médéa, a été réintégré dans le camp pour n'avoir pas voulu faire une demande en grâce ou tout au moins pour n'avoir pas adressé au président une lettre dans laquelle il lui aurait demandé son internement Le malheureux croyant que les internements accordés par le gouverneur étaient définitifs, avait fait arriver sa femme et ses enfants. Aujourd'hui on lui défend, par ordre du gouverneur, de recevoir la visite de sa femme, d'embrasser son jeune fils...

Tous les moyens sont bons auprès de ces gens-là pour amener les transportés il faire leur soun/ipion, langage officiel, comme si, nouveaux Witikinds ou nouveaux saxons, nous nous étions révoltés contre Charlemagne.

Auguste Claverie.

AMABLE LEMAITRE. (Déclaration.)

Je soussigné Alexandre-Marie-Amable Lemaître, homme de lettres, né à Paris, le i"' mars 1811, y ayant demeuré rue des Vieux- Augustins, 13, m" arrondissement, et maintenant en exil à Bruxelles (Belgique),

Déclare que c'est par une erreur inconcevable que :

1° Gâcher (Quintien), né à Montpensier, canton dAigueperse (Puy-de- Dôme), le 26 décembre 1806, célibataire, ancien fabricant de meubles à Paris, rue du Faubourg-Saint- Antoine, 115 5

2" Neveu (Henri) père, veuf, âgé de plus de 60 ans, domicilié à l'hôpital des Enfants-Trouvés, rue du Faubourg-Saint- Antoine, 135;

3" Neveu (Eugène), iïls du précédent, âgé d'environ 30 ans, père de famille, ébéniste, rue du Faubourg-Saint- Denis, 90,

Tous trois aujourd'hui déportés à Lambessa (Afrique),

Ont été accusés d'avoir participé le 3 décembre 1851, vers 9 à 10 heures du matin, rue du Faubourg-Saint-Antoine, à la hauteur du passage de la Bonne-Graine, à l'attaque-arrestation de l'officier porte-drapeau d'un régiment de ligne, campé à la Bastille.

Ce fait, dont je m'honore, a été accompli par quelques citoyens et par moi sur les réponses évasives faites par cet officier aux questions que je lui adressai, touchant sa présence isolée, intempestive, au milieu de nous, alors que nous tentions d'organiser la défense des lois et la revendication des droits sacrés du peuple indignement violés par le Plébiscite daté du 2 décembre 185 1.

Les trois citoyens susnommés : Gâcher^ Neveu père et Jïls, sont complètement étrangers à cet acte, et c'est par suite de l'abominable esprit qui a présidé au semblant d'examen (non d'instruction) des hommes arrêtés partout, à toute heure, et par milliers, à cette époque, qu'ils n'ont pas été admis à établir et à prouver tous trois et chacun un alibi.

Mon ami Ferdinand Cournet qui intervint sur le théâtre de la lutte avec le porte-drapeau, et dont le poignet vigoureux, en s'emparant du bras de l'officier, m'épargna un coup de pistolet ajusté presque à bout portant, pourrait peut-être aussi attester de son témoignage les mêmes faits dont la déclaration est faite ici par moi pour satisfaire à la parole que j'ai donnée à Gâcher, sur le vaisseau le Duguesclin, en rade de Brest, au moment solennel où lui Gâcher, Neveu père ex. Jîls , susnommés, ainsi que deux de nos autres compa-

gnons de captivité, étaient transbordés sur le Mogaior, en partance pour Lambessa. . .

Bruxelles, 5 juin 1852

En l'absence de toute autorité i^wV/Zc légale, ont signé pour affirmer la déclaration et la signature d'Amable Lemaître :

Les représentants du peuple :

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