AUBRY (DU NORD
M. Aubry (du Nord) est un représentant d'une soixantaine d'années, cheveux blancs, l'air grave et doux. On est venu le 8 au matin pour l'arrêter chez lui avec une voiture cellulaire. Il était absent.
2 décembre.
Aubry (du Nord), rue Racine, 5. Plusieurs représentants vers 10 h. du matin se réunissent chez lui : Testelin, Loiset, Belin, Huguenin.
Convenu que chacun irait aux informations pour savoir ce que les chefs de l'opposition voulaient faire. On se donne rendez-vous chez Aubry pour midi. — Aubry objecte que les deux extrémités de la rue sont gardées par des agents de police en surveillance à cause du voisinage du quartier des Ecoles. — Propose chez Loiset qui demeurait de l'autre côté du Luxembourg, rue de Fleurus, 38. — Plusieurs vont donc chez Loiset à midi. On échange les nouvelles. — A peine MM. Loiset, Aubry et autres quittaientils la maison qu'elle était envahie et la rue occupée par un bataillon. — Un commissaire et des agents entrent chez Loiset, visitent l'appartement, et saisissent quelques papiers, entre autres une indication du lieu, — les membres de la gauche devaient se réunir rue de la Cerisaie n" ..., — et de l'heure. On n'avait mis que l'adresse. Mais ils comprirent et prirent ce papier.
En sortant de chez Loiset les représentants eurent avis que des jeunes gens de l'Ecole de médecine se réunissaient pour une manifestation, mais déjà ils s'étaient dispersés et quelques-uns les informèrent que les représentants devaient se réunir au iv" arrondissement. Fausse indication. — Ils y allèrent et n'y trouvèrent personne. — De là au 10", mais ils arrivèrent que c'était fini.
3 décembre.
Etait à la barricade Baudin.
4 décembre.
A^eB de Paris. — Rue Rambutcau, Aubry (du Nord) et Bovsset (malade, saigné la veille, le jeune s'appuyant sur le vieux) font lire le décret de déchéance par un jeune homme à belle voix. On les croit blancs. — Allez-vous-en. — Nous sommes rouges! — Ah bravo! vive la montagne!