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seils qu*osait lui donner le cabinet des Tuileries et que TAu- Iriche n*appuyait guère auprès de lui. Celte dernière puissance ne tenait pas, on le comprend, à évacuer les Légations. Mais on conçoit aussi que son mauvais vouloir augmentât chaque jour rhostilité sourde que nourrissait à son égard l'empereur des Français.
La cour de Vienne ne voulait à aucun prix perdre sa situation prépondérante en Italie. Aussi le royaume de Sardaigne, qui seul dans la péninsule résistait à son influence et qu'enhardissait Tappui de la France, était-il plus que jamais Tobjet de sa surveillance et de ses soupçons. Cavour ayant fait entendre en plein parlement que le jour de la guerre sacrée ne tarderait pas à venir (mai 1856), le gouvernement autrichien protesta et dénonça le hardi ministre comme un fauteur de révolution. Cavour, sans s*émouvoir, continua son œuvre de propagande. C*est en 1856 que Manin \ Pallavicino et La Farina fondaient sous ses auspices la Société nalionale, qui allait rallier toutes les forces vives de la nation en vue de la lutte prochaîne. C'est alors qu'il créait un grand arsenal maritime à la Spezzia, hâtait la construction du chemin de fer du Mont-Cenis, fortifiait Alexandrie et faisait organiser, pour armer cette place de canons, une souscription publique dont le succès à Milan et à Venise était d'un sinistre augure pour le gouvernement autrichien. Aussi le cabinet de Vienne était-il exaspéré contre celui de Turin. Il reprochait avec aigreur à Cavour de laisser les journaux piémonlais attaquer l'empereur François-Joseph et ses minisires. Le conseiller de Victor-Emmanuel lui répondit froidement que le Statut fondamental ne permettait pas au gouvernement piémontais de bâillonner la presse. Bientôt les relations diplomatiques furent rompues entre les deux cours et la guerre parut tout à fait imminente (mars 1857).
Si elle n'éclata pas dès cette époque, ce fut parce que Napoléon III n'était pas prêt et que certaines complications (alTaircs de Neufchàtel et des Principautés danubiennes), survenues
1. Qui vivait alors exilé en France, mais qui, de même que beaucoup de républicains italiens, se ralliait par abnégation patriotique À la maison de Savoie, seule capable à celte é^mque <lc réaliser leur rêve d'indépendance et d'unité nationales.
depuis le eongrès de Paris, le détournaient alors quelque peu des affaires dllalie. Ce retard fut du reste merveilleusement mis à profit par le gouvernement piémontais. L'état de la Péninsule s*a^ravait. L'irritation était générale en Italie contre rAulriche et les souverains absolus. Le parti révolutionnaire, vaincu et proscrit en 1849, reparaissait de toutes parts; Cavour fermait les yeux sur ses agissements en Piémont. Sa tactique élait d'effrayer et d'entraîner Napoléon III en lui représentant que, s'il ne se hâtait de donner le signal de la guerre, il serait devancé par les agitateurs populaires de la Péninsule; que lui, Cavour, et son roi, seraient débordés par la démagogie et que la république, une fois déchaînée en Italie, ne tarderait sans doute pas à passer en France. Garibaldi ', rentré d'Amérique depuis quelques années, devenait ostensiblement un des chefs de la Société nationale et lui donnait la plus belliqueuse impul-* sion. Mazzini, l'éternel conspirateur, était à Gênes, où il se dissimulait à peine. En juin 1857, un soulèvement était tenlé dans cette ville à son instigation. Plusieurs expéditions quittaient ce port par ses ordres, et des descentes révolutionnaires avaient lieu à Livourne, à Terracine et sur le littoral napolitain. Toutes échouèrent, il est vrai. Mais de pareilles tentatives renouvelaient l'agitation dans toute l'Italie. Cavour en profitait pour l'entretenir. Le navire sarde qui avait porté les amis de Mazzini dans le royaume des Deux-Siciles ayant été capturé par les autorités napolitaines, il eut l'audace de le réclamer, et, sur le refus de François II, prit à l'égard de ce souverain une altitude menaçante, comme s'il eût voulu provoquer un casns belli (fin de 1857).
1. Garibaldi (Joseph), né à Nice le 4 juillet 1807, avait servi d'abord dans la marine sarde. Compromis dans une conspiration patriotique (183i), il passa en France, fut employé quelque temps par le bey de Tunis, puis s'embarqua pour TAmérique (1836), combattit longtemps i>ou'r la République de Rio-Grande et, en 1843, s'attacha à la République de l'Uruguay, qu'il servit sur terre et sur mer contre Rosas. Passionnément dévoué à l'idée de l'indépendance et de l'unité italiennes, il vint, dès le mois d'avril 18 i8, offrir son épée au comité de défense de Milan et, à la tête d'une légion de volontaires, prit part à la première campagne de Charles-Albert contre l'Autriche. Général de l'armée romaine en 1849, il dut, après Técrasement de son parti, quitter de nouveau l'Italie, se rendit aux États-Unis, où il s'adonna à rindnsirie, pu's en Chine (1852), puis au Pérou, revint à Gênes en 1854, et à partir de cette époque commanda quelque Icnips un navire de commerce.
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La conspiration de Plombières. — Les affaires dllalie en étaient là quand l'attentat d'Orsini (14 janvier. 1858), qu avaient précédé beaucoup d'autres complots des sectes révo* lulionnaires italiennes contre Napoléon III \ détermina ce souverain à ne plus attendre. On a vu dans une autre partie de cette histoire ' quelle impression cet événement fit sur Napoléon III; comment la lettre par laquelle Orsini, avant de monter sur Téchafaud, Tadjurait de rendre la liberté à sa patrie, reçut grâce à lui la plus éclatante publicité '; comment enfin Gavour fut formellement invité par les agents secrets de Tempereur à venir se concerter avec lui sur Tavenir de lltalie. C*est à Plombières qu*eut lieu (20-21 juillet 1858) entre le ministre de Victor -Emmanuel et le souverain français la conspiration d*où devait résulter la grande guerre de 1859. Napoléon III et Gavour y convinrent que la France et le Piémont s'uniraient pour expulser les Autrichiens de lltalie, que les hostilités éclateraient au printemps suivant, que le Piémont serait agrandi de la Lombardie, de la Vénétie, probablement aussi des duchés de Parme et de Modène ainsi que de la Romagne, de façon à former un Etat de dix à douze millions d'&mes; que la France obtiendrait Nice et la Savoie; que la Toscane pourrait bien être grossie de quelques provinces pontificales; et que Tltalie, réduite à quatre Etats, deviendrait une confédération sous Thégémonie réelle du roi de Sardaigne et sous la présidence honoraire du pape, respecté comme souverain de Rome. Le prince Napoléon (que Tempereur avait Tarrière-pensée de donner comme souverain à la Toscane) devait épouser la fille aînée de Victor -Emmanuel. Enfin la France seule aurait à donner le signal de la guerre.
A ces combinaisons singulières Gavour ne fit point d'objections. Il pensait bien que, la révolution une fois commencée, Napoléon III ne pourrait la contenir. Il savait, du reste, comment s*y prendre pour Tencourager, la propager, la rendre