‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 32 sur 190 · LE PORTUGAL · texte numérisé non relu

LE PORTUGAL

Porto. En 1867, le système métrique fut appliqué aux poids et mesures. La division territoriale du royaume fut remaniée et donna satisfaction aux tendances décentralisatrices. Un code civil fut promulgué. L'esclavage fut aboli dans les colonies por-^ tugaises (1868).

Deux graves questions attirèrent Tattention du gouvernement : la question espagnole et la question Gnancière. Nous avons vu comment fut résolue la première; la seconde ne Test pas encore.

Le Portugal s'était endetté pendant la guerre de l'Indépendance; les guerres civiles lui coûtèrent fort cher» et le fardeau fut encore augmenté par les emprunts usuraires contractés par D. Miguel. En 1852, la dette montait déjà à 34 470 contos de reis. Elle fut à cette époque convertie en 3 0/0, mais le développement des travaux publics, le gaspillage et la spéculation portèrent la dette à 137 998 conioê dès 1863, et tandis que la dette quadruplait de valeur le commerce avait bien de la peine à revenir au chiffre de 1818, avant la perte du Brésil. Le duc de Loulé essaya d'enrayer le mal ; le roi donna le bon exemple en réduisant spontanément sa liste civile ; mais quand il voulut réduire le nombre des membres du Parlement, une grande agitation se manifesta dans le pays ; quand il fit décréter la mise en vente des biens du clergé, le vieux maréchal Saldanha, ambassadeur à Rome, envoya sa démission, et, le 19 mai 1870, une révolte militaire amenait la chute du duc de Loulé, la dissolution des Certes et la constitution d'un cabinet Saldanha^ destiné d'ailleurs à succomber rapidement.

Les lettres en Portugal. — Après les grandes commotions politiques qui marquèrent en Portugal le commencement du siècle, le rétablissement d'une sécurité relative permit aux écrivains et aux penseurs de commencer l'éducation nationale* Ils se mirent à la tâche avec assez d'ardeur pour qu'on ait pu appeler le mouvement qui se produisit alors la troisième renaissance portugaise.

La renaissance eut pour initiateur un littérateur d'un très réel talent, le baron J. B. d'Almeida-Garrett, né à Porto en 1799. Garrett passa dix ans de sa vie (1823-1833) en Angleterre et en

France, et à son retour publia son Esquisse de Vhistoire et de la poésie portugaise^ qui fut comme le manifeste de la nouvelle école. Citons parmi ses nombreux ouvrages en prose et en vers ses poèmes de Dof^a Branca et de Camoens^ des drames, des comédies, et ses Voyages dans monjyaySj Yxxn des livres les plus populaires de la littérature portugaise. Antonio Feliciano de Castilho (1800-1878), aveugle dès Tàge de six ans, a composé de nombreux poèmes d*une riche couleur et d*un sentiment très intense, où se révèle la mélancolie particulière de Tàme portugaise. Les Jalousies du Barde, les Ahiits du Château, le Printemps sont les. plus célèbres. Alexandre Herculano et Araujo, né à Lisbonne en 1810, a fait ses études à Paris et s'est préparé à rhistoire par la poésie et le roman historique; après avoir écrit Maître Gil, Arrhas por foro d'Hespanha, la Dame au pied de chèvre, il a composé une vaste Histoire du Portugal, malheureusement incomplète, qui lui assure un rang distingué parmi les historiens du xix' siècle. Plus fécond encore, José de Silva Mendes Leal s*est distingué comme poète, comme auteur dramatique, comme romancier, comme historien, comme jour-

naliste, comme homme d*Etat. Ses drames Blanche étoile, Y Héritage du Chancelier, Pedro, ont obtenu un succès durable; ses études historiques : les Deux Péninsules et Monuments nationaux, méritent d*être citées à côté des travaux d'Herculano. Rebello de Silva, Joaô de Andrade, Corvo de Camo(^s, Camille Castelho-Branco, Francisco Gomez de Amorim, Ernesto Biester, Abranches, Tixeira de Yasconcellos, ont aussi écrit des romans et des pièces de théâtre. Latino Coelho a donné une étude sur le Marquis de Pombal et une Histoire politique et militaire du Portugal, Oliveira Martins a composé une Histoire du Portugal et un Portugal contemporain d'un ton très passionné, mais d'une lecture très attachante.

. La presse portugaise compte dans ses rangs une foule d'écrivains de grand mérite, et le Cours supérieur des lettres fondé à Lisbonne par le roi D. Pedro V n'a pas été étranger au développement littéraire du pays.

Les sciences ne présentent pas, il est vrai, un aspect aussi brillant que la littérature; cependant les études géographiques

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sont cultivées avec succès, TUniversité de Coïmbre possède une belle bibliothèque et de roagnifîques collections d'histoire naturelie. Lisbonne a une grande Ecole de médecine, et les observatoires astronomiques de Lisbonne, de Coïmbre et de Porto sont pourvus d*un outillage complet. Un Portugais peut recevoir une instruction sérieuse et complète sans sortir de son pays.

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Voir les ouvrages généraux cités ci-dessus, t. X, cliap. vi, p. 265.

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