LA POLITIQUE ET LES CONQUÊTES COLONIALES
colonnes russes, avançant de tous côtés, traçant des routes, établissant des forts à tous les débouchés des vallées, réduisant les tribus les unes après les autres, forcèrent Tlman à se réfugier à Gounib, dans un aoul presque inaccessible qui fut enlevé d assaut après une lutte acharnée (25 août 1859). Schamyl, fait prisonnier, fut interné, avec sa famille, dans Tintérieur de la Russie, à Kalouga.
Le tour des Abkhazes vint ensuite. De 1859 a 1862, les expéditions se succédèrent, avec leur accompagnement habituel de razzias, de brûleries de villages et de soumissions plus ou moins sincères. Pour fermer celte brèche ouverte sur la frontière russe, il fallait occuper complètement le pays, avancer les stanitsas des Kosaks jusqu'au fond des vallées , et reléguer les montagnards dans la plaine. En 1862, on leur assigna de nouveaux territoires sur le Kouban et dans les environs de Piatigorsk. Excites par les prédications clandestines d'émissaires turcs, et confiants dans Taccueil du Padischah, ils préférèrent émigrer en Turquie. De 1862 à 1864, la plupart des Abkhazes, 300000, croit-on, abandonnèrent leurs champs qui furent aussitôt occupés par les colons russes, moujiks ou Kosaks des stanitsas. En 1864, 1 émigration fut si brusque, que les nouveaux venus trouvèrent sur pied et n'eurent qu'à récolter les moissons semées par les indigènes qui, pendant ce temps, succombaient par milliers, dans les ports turcs d'Anatolie, au typhus et à la famine.
Dans les autres régions du Caucase, soumises depuis plus longtemps, l'élément russe continuait à se développer, partie par la colonisation officielle et l'octroi de grands domaines à des officiers, des dignitaires, des membres de la famille impériale, partie par la colonisation libre, l'immigration des sectaires russes , molokanes et doukhoborlsy, et des mcmnonites allemands de la Russie du Sud. Pourtant la vraie russification ne devait commencer qu*après 1870, par l'établissement des chemins de fer, l'exploitation de la vigne et celle des richesses muiérales du Caucase.
Rèfrne de IVloolaji . !«' (dernières années). — Voir ci-dessus, t. X, pp. i62-3-4, rindication des ouvrages généraux de Schnitsler, Haxthaaseiiy Tatichtchef, etc., etc. — htoritcheskie Otcherki Ro&siiy en russe, Prague, i879. — La. Russie de Nicolas /••• à Alexandre lll, en allemand, Leipzig, i882. — Oerebtsof, Essai sur l* histoire de la civilisation en Russie ^ Paris, 1858. — Skabitohefaki, Histoire de la censure russe, Pélersbourg, 1892. — Les articles de Martena dans le Messager cV Europe, de Pétersbourg, 1898, sur Nicolas pi* et TAngleterre. — Les articles de H. Desprez, Tengoboraki,' dans la Revue des I>eux Mondes, de 1830 à 1855.
Pour la guerre de Crimée et la paix de Paris, voir ci-dessus la bibliographie du chapitre VL
A moins dlndicalion contraire, les ouvrages publiés en Russie sont en langue russe.
Rèflrne d* Alexandre II. — Cardonne, V empereur Alexandre II, vingt-six ans de règne, Paris, 1883. — La Russie, de Nicolas I^ à Alexandre III, déjà cité. — Esquisses historiques, déjà cité. — L'ouvrage de SchnUzler déjà cité, etc.
Pour les premières années du règne et la période des réformes : La Russie sous Alexandre IF, Leipzig, 1860. — Ooloyatohef, Dix années de réformes, Pélersbourg, 1872. — Djanchievo, Véyoque des grandes réformes, Moscou, 1893. — Articles de De Mazade, dans la Revue des Deux Mondes, etc. — Anatole Leroy-Beaulieu, L'Empire des Tsars et les Russes, Paris, 1881-1882,
Pour les événements de Pologne : Liaicki, Le marquis Wiélopolski, 2 vol., 1880. — Articles de Spasaovitch sur Wiélopolski, dans le Messager d'Europe, Pétersbourg, 1880-81. — Anatole Leroy-Beaulieu, Un homme d'État russe, Nicolas Miloutine, Paris,. 188i. — Articles de De Mazade, dans la Revue des Deux Mondes, 1861 à 1866.
Pour la politique étrangère : les articles de De Mazade, Sain^lCaro Oirardin, Julian Klaczko, Legrelle, Laveleye, dans la Revue des Deux Mondes; E. Simon, la Russie et r Allemagne au XIX^ s., Paris, 1893.
Pour la politique coloniale : les articles de Saint-René Taillandier et de Dulauxier dans la Revue des Deux Mondes, sur la conquête du Caucase, de 1854 à 1864, les Lettres de Tiflis, du général Fadeief, dans la Gazette de Moscou (1864-1865). — Korolenko, les Cosaques de la Mer Noire; Popka, les Cosaques de la Mer Noire, d'ins leur vie civile et militaire; le Sbornik Sviedienii o Kavkazié (collection de documents sur les provinces caucasiennes), etc.
Pour les acquisitions et conquêtes en Sibérie et en Asie centrale, voir ci-dessous, chap. xx. — Une bibliographie très complète des opérations dans TAsie centrale se trouve au tome III des Annales de géographie (pp. 951-954).