‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 77 sur 190 · LES CINQ COLONIES DÂUSTRALIE ET LÀ TASHANIE · texte numérisé non relu

LES CINQ COLONIES DÂUSTRALIE ET LÀ TASHANIE

pour le suffrage universel — de la Tasmanie). L'Angleterre n*a pas le suffrage universel et n'a adopté le ballot^ sous le nom de système australien^ qu'en i872.

Dans les constitutions australiennes de 1855, pour être député de l'Assemblée, il sufQsait de remplir les mêmes conditions que pour être électeur, sauf en Victoria où les députés devaient avoir une propriété de 50000 francs ou un revenu annuel de 5 000 francs. Cette disposition, abrogée depuis, avait été adoptée en faveur des squatters et contre les nouveaux immigrés. Les députés à l'Assemblée n'étaient pas payés, suivant le système anglais. De 1861 à 1870, des propositions d'indemnité aux représentants furent adoptées plusieurs fois par l'Assemblée de Victoria, mais repoussées par le Conseil législatif. L'Assemblée législative était élue pour trois ans (Australie méridionale) ou pour cinq ; comme la Chambre des communes anglaise, elle votait seule le budget.

ST Le Conseil législatif, qui forme la Haute-Chambre, est nommé i vie par le gouverneur dans la Nouvelle-Galles du Sud : Wentworth aurait désiré pour la Nouvelle-Galles une Chambre des pairs héréditaire, mais sa proposition ne fut pas adoptée. Dans les trois autres colonies, les membres du Conseil législatif sont élus à temps par des électeurs censitaires (propriétaires fonciers) et renouvelés par séries. Le revenu nécessaire pour être électeur au Conseil fut abaissé dans plusieurs colonies. En 1868, à Victoria, il fut réduit de 2 500 francs à 1 250 francs par an, et le nombre des électeurs fut ainsi triplé.

Le gouverneur conserve le droit de veto, non plus en son propre nom, comme auparavant, mais au nom de la Couronne. Il prend son ministère dans la majorité de l'Assemblée. Pour l'installation des ministères responsables, il y eut une difficulté. Que devait-on faire des fonctionnaires chefs de service qui avaient jusque-là tenu lieu de ministres? Les colonies se décidèrent à leur donner une indemnité et ils cédèrent la place aux ministres pris dans les Assemblées.

L'instruction publique en Nouvelle-Galles (1866). — Dès lors chacune des grandes colonies australiennes est maîtresse de son administration. En 1866, la Nouvelle-Galles

du Sud devance TAnglelerre et la plupart des Etats européens dans rorganisalion de renseignement primaire. Dès 1844, on avait institué, à côté des écoles confessionnelles {denominational), des écoles nationales. La loi de 1866 créa un Conseil d'éducation, sorte de ministère de Tinstruction publique (primaire) : toutes les écoles furent soumises au contrôle de l'Etat; les écoles confessionnelles ne reçurent plus de subventions, sinon dans le cas où elles seraient fondées dans un centre sans écoles nationales, et à condition d'être ouvertes aux enfants de toutes les religions. L'évèque anglican de Sydney se plaignit en disant que cette loi € étoufferait les écoles religieuses ». L'archevêque catholique accusa le gouvernement de « détruire les principes de la religion et de la morale dans les écoles publiques ».

Les colonies et la vente des terres publiques. — Les colonies devenues autonomes sont obligées de pourvoir ellesmêmes à leur défense en organisant des volontaires. Les colonies doivent aussi s'occuper de faire venir les émigrants. La Nouvelle-Galles organise une agence d'émigration à Londres (1861). Le Queensland l'imite (1864).

En revanche, le gouvernement impérial abandonne, après l'institution du gouvernement responsable, la disposition des terres publiques aux diverses colonies. La législation agraire commence à varier d*une colonie à l'autre. Mais la tendance générale est à peu près la même partout. Les nouveaux immigrés demandent à acheter des terres; les gouvernements sont obligés de prendre des concessions sur les grands espaces loués aux squatters et où ceux-ci se croyaient définitivement installés depuis les lois de 1847. La lutte entre squatters et colons commence dans la période de l'or. Les diggers qui trouvent un bon gisement demandent à l'acheter; or, il se trouve souvent sur un run loué à un squatter, et celui-ci réclame le droit de préemption qui lui a été reconnu en 1847. Plus tard, ce sont des agriculteurs qui se plaignent de ne pouvoir s'établir nulle part, les bonnes terres étant toutes louées aux squatters. La Nouvelle- Galles prend, en 1861, l'initiative d'une mesure en faveur des petits propriétaires : la loi pose le principe du libre choix

Page 1