‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 88 sur 190 · LA RECONSTRUCTION · texte numérisé non relu

LA RECONSTRUCTION

raux. L'esclavage fut aboli dans le district de Columbia et dans les Territoires par les lois des 16 avril et 9 juin 1862. Une proclamation du 1*' janvier 1863 déclara libres tous les esclaves des Etats en rébellion. Un amendement constitutionnel, le treizième, voté par le Sénat le 8 avril 1864, et par la Chambre le 31 janvier 1865, puis ratifié par les législatures des trois quarts des États, sanctionna Tabolition complète de l'esclavage aux Etats-Unis. Cet amendement entra en vigueur le 18 décembre 1865.

De telles mesures, ainsi que toutes celles que le Congrès votait pour la poursuite de la guerre, et la création des énormes ressources. qu'elle exigeait, se heurtaient dans le Nord à une vive opposition. Il existait encore un fort parti de démocrates, dont quelques-uns même, flétris dans l'opinion sous le nom de CopperheadSy sympathisaient avec les sudistes et souhaitaient leur triomphe, réclamant le rétablissement de la paix par des concessions aux rebelles. Le Congrès dut, pour dompter cette opposition, qui croissait avec les difficultés et les chaînes de la guerre, autoriser passagèrement la suspension de Vhabeas corpus. En 1864, les démocrates opposèrent Mac Clellan à Lincoln pour l'élection présidentielle. Le candidat du parti républicain obtint 212 voix contre 21 données à son rival et 81 suffrages non exprimés, appartenant aux États confédérés.

///. — La Reconstruction (i865-i8jo).

Lies amendements constitutionnels. — Lincoln avait inauguré sa seconde présidence le 4 mars 1865. Le 9 avril, Lee capitulait; cinq jours plus tard, l'acteur Booth assassinait le président. Andrew Johnson, vice-président, prit aussitôt la direction des affaires et ne tarda pas à entrer en conflit avec le parti républicain au Congrès, à propos des mesures de reconstruction de l'Union qui furent la grande affaire de 1865 à 1870. Lincoln avait dès 1864 autorisé la formation de gouvernements unionnistes dans les États de Louisiane et d'Arkansas. Le Ten-

nessee suivit l'exemple en 1865. Johnson reconnut ces gouvernements, et nomma en outre (mai et juin 1865) des gouverneurs provisoires dans la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride, l'Alabama, le Mississipi et le Texas. Ces gouverneurs devaient convoquer des conventions dont les délégués seraient élus par les habitants qui, dans chaque État, jouissaient du droit de suffrage d*après les lois en vigueur immédiatement avant la sécession, et qui prêteraient serment de fldélité à la constitution. Les conventions se réunirent dans tous les Etats du Sud, et votèrent des résolutions supprimant Tesclavage, déclarant la nullité de la dette confédérée et rappelant les ordonnances de sécession. Des législatures furent ensuite élues, et toutes ratifièrent le treizième amendement. Il semblait donc que la reconstruction de TUnion fût désormais un fait accompli; pour la sanctionner, il ne restait qu*à accepter la rentrée au Congrès des sénateurs et des représentants du Sud.

Mais le Congrès n'approuva point le plan de reconstruction du président. La majorité républicaine refusa aux représentants du Sud leur admission au Congrès, et vota, le 9 avril 1866, pardessus le veto de Johnson, un « bill des droits civils » pour les nègres émancipés. Il adopta en outre le quatorzième amendement qui déclare citoyens des Etats-Unis et de l'Etat où elles résident toutes personnes nées aux Etats-Unis ou naturalisées, et interdit à tout Etat de porter atteinte aux privilèges et immunités de citoyens des États-Unis. En 1867, une loi accorda le droit de suffrage aux citoyens de couleur du district de Columbia et des Territoires. Les intentions de la majorité républicaine radicale du Congrès, élue en 1866, se précisaient ainsi chaque jour davantage, visant l'égalité absolue, civile et politique, entre les noirs et les blancs. Une série de lois furent encore votées par-dessus le Xieio de Johnson. Elles supprimaient les gouvernements provisoires établis ou autorisés par le président, et divisaient les États du Sud en cinq districts militaires dont chacun devait être gouverné par un officier de l'armée fédérale ayant rang au moins de brigadier-général. Ces commandants de districts avaient pour tâche principale la confec-

Page 1