‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 100 sur 166 · IV. — L'Italie après Campo-Formîo · texte numérisé non relu

IV. — L'Italie après Campo-Formîo

Politique du Directoire en Italie. — Deux ans ne

s'étaient pas écoulés depuis le traité de Gampo-Formio, que ritalic avait subi une nouvelle et complète transformation. L'état de choses que ce traité avait consacré présentait des dangers que la main seule de celui qui l'avait signé aurait été capable d'écarter : les deux républiques qu'il avait créées étaient trop faibles pour ne pas chercher à s'étendre, et les espérances qu'il avait éveillées trop ardentes pour ne pas chercher à se satisfaire. A celle cause permanente de guerre s'ajoutaient

celles qui provenaient de la situation du Directoire, forcé par ses embarras d'argent à devenir conquérant des États voisins et par le souci de sa sécurité à être l'oppresseur des Etats protégés. L'histoire de lltâlie, depuis le départ de Bonaparte jusqu'à Tin vasion des Austro-Russes, présente donc un double caractère : l'assujettissement complet des républiques cisalpine et ligurienne, et la création de républiques semblables sur tout le territoire de la Péninsule.

Le Directoire et la Cisalpine. — Milan, siège d'un gouvernement national et ijefuge de tous les hommes d*aclioD et de pensée, semblait devoir être le centre où se formeraient les habitudes et les idées politiques des Italiens. Il dépendait du Directoire de diriger les unes et les autres dans un sens favorable à ses intérêts. Il ne sut pas le comprendre : par les changements continuels qu'il introduisit dans le gouvernement, il empêcha les esprits de s'y attacher, et par la dépendance où il voulut les tenir, il les éloigna définitivement de la France.

D'abord la faveur qu'il témoigna aux partis avancés lui aliéna les modérés, disposés pourtant à faire crédit et à prêter leur concours au gouvernement. Violences et tumultes dans les clubs, propositions extravagantes ou immorales dans les discussions législatives, désordres dans la rue, gaspillages dans l'administration, augmentation simultanée des impôts et du déficit, tels avaient été les résultats de la politique qu'avaient fait prévaloir les « patriotes », en majorité dans les conseils. Elle avait eu pour conséquence la démission de 31 membres modérés, qui, ne pouvant y remédier, ne voulaient pas s'y associer. Deux mois après, un autre incident vint réduire au découragement ou à l'inaction ceux qui étaient restés au pouvoir. Le 31 janvier 1798, Talleyrand présentait et faisait signer aux membres du directoire cisalpin, appelés à Paris, un traité d'alliance destiné à asservir leur république sous prétexte de la proléger; en échange de cette protection, elle devait en effet prendre part à toutes les guerres de la France, lui payer un subside annuel de 30 millions destiné à entretenir une armée d'occupation de 25 000 hommes, lui laisser le commande-

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