‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 103 sur 166 · L'ITALIE APRÈS CAMPO-PORMÏO · texte numérisé non relu

L'ITALIE APRÈS CAMPO-PORMÏO

arbre de la liberté au Capitole, évocation continuelle des grands noms de la Rome antique *. Quand il fallut passer des paroles aux actes, ils se laissèrent imposer par Masséna une constitution qui ne différait de celle de TAn lU que parce que les direc* teurs y étaient appelés consuls et les conseils sénat et tribunal. Lorsqu'il s'agit enfln de faire«fonctionner le gouvernement ainsi organisé, ils s'aperçurent qu'ils étaient isolés au milieu d'une population attachée à ses anciennes coutumes et exaspérée par les exigences des Français : pour eux, gouverner se réduisit aussitôt à combattre. La révolte avait commencé à Rome même, où, dès le mois de février, un soulèvement des Transtévérins avait été étouffé dans le sang; elle s'étendit en avril à l'Ombrie, où une bande de dix mille paysans armés massacrait les « jacobins », et en juillet à la campagne romaine, où le mouvement était arrêté par des exécutions sans pitié. Toutes les provinces étaient donc'en état d'insurrection latente quand, en juillet 1799, la seconde occupation napolitaine vint mettre (in à l'existence de la République romaine. Elle avait duré vingt mois.

L'invasion de Naples et la République parthénopéenne. — Plus courte encore dans son existence, plus importante pourtant dans son histoire devait être la République parthénopéenne ^ Si au début elle présenta le même spectacle d'ignorance et d'inexpérience chez les gouvernants, de mécon* lentement chez les gouvernés, d'arbitraire chez les protecteurs que dans les autres Républiques italiennes, elle s'en distingua par sa fin : créée par l'armée française, elle survécut à son départ, eut quelque temps une existence autonome et sut prendre la direction de la lutte contre les bourboniens.

Championnet, maître de Naples, confia le pouvoir à un gouvernement provisoire composé de patriotes mis en lumière par les précédentes conjurations. Deux hommes surtout en représentaient l'esprit et les tendances : Mario Pagano, profes-r seur et juriste, et Domenico Cirillo, l'un des plus illustres botanistes de l'Europe, tous deux admirateurs passionnés de l'antiquité classique, imitateurs de Rousseau, étrangers aux

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